L’affaire judiciaire du professeur Clément DEMBÉLÉ, universitaire et Président de la Plateforme de lutte contre la Corruption et le Chômage (PCC), connaît un nouveau développement qui suscite de nombreuses interrogations sur le déroulement de la procédure.
Alors que la Chambre criminelle de la Cour suprême avait déclaré irrecevable, le 15 juin 2026, le pourvoi introduit par ses avocats au motif de l’absence d’un reçu de paiement de 10 000 FCFA relatif au transfert du dossier, la même juridiction a finalement convoqué les Conseils du professeur Clément DEMBÉLÉ à une audience fixée au 20 juillet 2026. Cette évolution apparaît paradoxale au regard de la précédente décision d’irrecevabilité fondée sur un prétendu vice de procédure.
UNE AFFAIRE QUI DURE DEPUIS NOVEMBRE 2023
Le professeur Clément DEMBÉLÉ avait été arrêté le 17 novembre 2023 avant d’être placé sous mandat de dépôt dans une affaire de « menaces de mort contre le Chef de l’État et les membres de sa famille », après la diffusion sur les réseaux sociaux d’un message vocal qui lui était attribué.
Au cours de l’instruction, une expertise judiciaire indépendante est venue bouleverser le dossier. Les conclusions de l’expert ont établi que la voix figurant dans l’enregistrement incriminé n’était pas celle de Clément DEMBÉLÉ.
Malgré cet élément déterminant, l’universitaire et chantre de la Lutte contre la Corruption est resté en détention.
Après plusieurs mois d’investigations, le Juge d’instruction du 1er Cabinet du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité a rendu, le 17 AVRIL 2025, UNE ORDONNANCE DE NON-LIEU TOTAL, estimant que les charges retenues contre l’inculpé DEMBÉLÉ n’étaient pas suffisamment étayées et qu’aucune preuve ne permettait de justifier son renvoi devant une juridiction de jugement.
Cette décision a constitué un tournant majeur dans cette affaire.
DE LA COUR D’APPEL À LA COUR SUPRÊME
Malgré cette ordonnance de non-lieu, la procédure s’est poursuivie devant les juridictions supérieures à la suite des recours exercés par le ministère public.
La défense de Pr. Clément DEMBÉLÉ a constamment soutenu que le dossier ne pouvait plus prospérer dès lors que le Juge d’instruction, après une instruction approfondie et une expertise technique, avait conclu à l’absence de charges suffisantes.
Les avocats ont alors saisi la Cour Suprême afin qu’elle statue sur le dossier. Cependant, le 15 juin 2026, la Haute juridiction a refusé d’examiner le fond du recours, jugeant le pourvoi irrecevable en raison de l’absence supposée d’un reçu de paiement de 10 000 FCFA.
La défense a immédiatement contesté cette motivation, affirmant que le reçu avait bien été versé au dossier et qu’un dossier incomplet n’aurait pas pu être enregistré ni enrôlé devant la Cour suprême.
UNE CONVOCATION QUI RELANCE LE DOSSIER
Le nouveau rebondissement intervient avec la convocation des avocats du Professeur Clément DEMBÉLÉ à l’audience du 20 juillet 2026.
Cette convocation soulève de nombreuses interrogations. Car, si le pourvoi avait effectivement été rejeté pour irrecevabilité, pourquoi la Cour Suprême décide-t-elle aujourd’hui de reprendre le dossier à son rôle ?
Pour les observateurs, cette évolution pourrait laisser penser que la procédure n’était pas définitivement close ou que des éléments nouveaux justifient un nouvel examen. La défense, pour sa part, continue de rappeler que l’élément central de cette affaire demeure L’ORDORDONNANCE DE NON-LIEU rendue par le juge d’instruction, laquelle repose sur une expertise judiciaire ayant exclu que la voix des menaces soit celle de Clément DEMBÉLÉ.
Le non-lieu, pièce maîtresse du dossier
Au-delà des péripéties procédurales, le point central de cette affaire reste l’ordonnance de non-lieu prononcée par le juge d’instruction du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité.
Cette décision judiciaire signifie qu’à l’issue de l’instruction, le magistrat instructeur a considéré que les preuves étaient insuffisantes pour renvoyer Clément DEMBÉLÉ devant une juridiction de jugement.
C’est précisément cette décision que les avocats du professeur DEMBÉLÉ présentent comme le fondement juridique majeur de leur combat pour sa libération, estimant qu’elle devrait mettre un terme définitif aux poursuites.
L’audience annoncée du 20 juillet 2026 sera donc particulièrement suivie, tant par les acteurs judiciaires que par les organisations de défense des droits humains, dans une affaire devenue très emblématique des débats sur le respect des garanties procédurales et de l’État de droit au Mali. »
Source: Nouvelles d’Afrique
