A l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, les acteurs engagés alertent sur les insuffisances de l’accompagnement institutionnel et les obstacles à la prise en charge des enfants autistes au Mali.
Pour la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, célébrée le 2 avril, le centre Cesame a organisé, le samedi 4 avril 2026 à Magnambougou Faso Kanu, une campagne de sensibilisation porte à porte. Placée sous le thème « Faire de l’inclusion sociale et scolaire des enfants autistes une réalité au Mali », l’initiative a mobilisé parents, professionnels de santé, partenaires et acteurs associatifs. Dans son allocution, le président de l’association Djiguiya, Bandiougou Guèye, a retracé le parcours de l’organisation, créée en janvier 2017 à la suite d’un projet de recherche à la Faculté de médecine. Depuis, l’association s’est engagée dans le plaidoyer, la formation et l’accompagnement des enfants autistes et de leurs familles. Il a notamment rappelé qu’en 2018, Djiguiya, en collaboration avec les services de santé, a formé plus de 170 médecins au dépistage précoce de l’autisme, impliquant également tradithérapeutes et parents.
L’association a par ailleurs mené des actions sociales, dont la distribution de denrées alimentaires et de matériels adaptés aux enfants en situation de handicap. Malgré ces efforts, le président a déploré le manque de soutien institutionnel. « Depuis notre création, nous n’avons bénéficié d’aucune aide de l’Etat » at-il regretté. Il a également évoqué les difficultés foncières liées au projet de construction d’un centre spécialisé au Point G, appelé à devenir une référence sous-régionale. De son côté, la directrice du centre Cesame, Aminata Camara, a livré un témoignage poignant, à la fois en tant que responsable et mère d’enfant autiste.
Elle a salué l’engagement des partenaires et des parents, tout en soulignant les défis quotidiens auxquels ces familles sont confrontées. « Nous sommes des parents engagés mais invisibles. Nous rêvons de voir nos enfants parler, jouer, apprendre et devenir autonomes », a-t-elle confié avec émotion. Elle a insisté sur la nécessité d’un accompagnement collectif pour garantir un avenir digne à ces enfants, appelant à davantage de solidarité et d’implication. Mme Camara a également réaffirmé sa détermination : « Je ne baisserai jamais les bras tant que cet objectif ne sera pas atteint ». Créé en 2024 à Magnambougou, le centre Cesame se positionne aujourd’hui comme un espace d’espoir pour les familles. Ses responsables ambitionnent de renforcer les actions d’information, de formation et de prise en charge, tout en plaidant pour une reconnaissance et un soutien accru de l’Etat. A travers cette journée, les organisateurs entendent briser les tabous autour de l’autisme et promouvoir une société malienne plus inclusive, où chaque enfant, quelles que soient ses différences, a sa place.
Le Guido
Habibatou Coulibaly

