EDITO : Écoutons nous M le Président !

Sene Kunafoni

Écoutez ce cri venant du cœur du Mali. Pas celui d’un ennemi, d’un homme politique. Mais celui d’un peuple fatigué, éprouvé et inquiet pour son avenir.

Depuis des années, des Maliens supportent énormément de sacrifices. Ils vivent les longues coupures d’électricité, le manque d’eau, la flambée des prix, l’insécurité persistante et les difficultés économiques devenues étouffantes. Malgré tout cela, le peuple continue de tenir debout. Il accepte encore de souffrir parce qu’il aime profondément son pays et veut croire qu’un avenir meilleur reste possible. Oui, M. le Président, votre peuple a déjà consenti beaucoup d’efforts pour accompagner cette période difficile. Mais aujourd’hui, il veut enfin apercevoir le bout du tunnel. Il veut un peu d’espoir, un peu de soulagement et surtout sentir que ses souffrances ne sont pas ignorées.
M. le Président, il faut arrêter les enlèvements et faire cesser ce climat de peur qui gagne peu à peu les esprits. Il faut libérer les prisonniers d’opinion, même ceux qui vous critiquent durement. Les critiques, lorsqu’elles ne prennent pas les armes, peuvent aussi servir à corriger des erreurs et à éviter des drames. On ne peut pas être en conflit avec le monde entier et finir par ne plus s’entendre avec son propre peuple, même avec une infime partie de celui-ci. La contradiction n’est pas toujours une trahison. Derrière certaines critiques se cachent souvent des Maliens sincèrement préoccupés par l’avenir de leur pays. Le Mali a aujourd’hui besoin de toutes ses forces, des compétences de ses intellectuels, de ses anciens responsables, de sa jeunesse, de sa diaspora et même de ceux qui pensent différemment. Ce pays a trop souffert pour continuer à se priver de ses propres enfants. M. le Président, vous aimez ce pays et cela se ressent. Beaucoup de Maliens voient dans votre regard une réelle volonté de défendre la dignité du Mali. Mais l’histoire enseigne qu’il existe un temps pour chaque chose : un temps pour résister, un temps pour combattre, un temps pour écouter et un temps pour pardonner. Le Mali a désormais besoin d’apaisement et de rassemblement. Car lorsqu’un peuple souffre trop longtemps sans perspective claire, la frustration peut devenir dangereuse. Que Dieu nous préserve d’un tel scénario.

M. le Président, trouvez les voies et les moyens, dans un délai précis, de réunir les Maliens autour d’une même table. Opposition, société civile, leaders religieux, jeunes, femmes, diaspora et forces vives doivent être écoutés afin de décider ensemble de ce qui est meilleur pour cette nation meurtrie.
Bon jumma

La Sirène

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