Clôture du projet agroécologique sur les semences maraîchères : une avancée majeure pour la souveraineté alimentaire au Mali

Sene Kunafoni

Le mardi 31 mars 2026, au sein de la structure agricole CNOP (salle de réunion) sise à Kalaban Coura, s’est tenu l’atelier de clôture du projet intitulé « Amélioration de la production de semences maraîchères paysannes par la recherche et l’innovation de pratiques agroécologiques au Mali ».
La rencontre s’est déroulée en présence de plusieurs partenaires techniques et financiers, ainsi que des acteurs du monde agricole.
Dans son discours, le président de la Coordination Nationale des Organisations Paysannes (CNOP) a salué l’engagement de l’ensemble des parties prenantes pour les progrès notoires. Selon lui, durant quatre années, la CNOP et ses partenaires ont œuvré autour d’un pilier fondamental de la souveraineté alimentaire nationale : l’amélioration de la production de semences maraîchères paysannes à travers la recherche et l’innovation agroécologique. L’un des objectifs majeurs de cette rencontre était de célébrer une réussite issue de la synergie entre l’intelligence paysanne et la rigueur scientifique.
Il a également rappelé que, pendant longtemps, le maraîchage malien est resté dépendant de semences importées, fragilisant ainsi les producteurs locaux. Aujourd’hui, grâce aux résultats obtenus dans le cadre de ce projet, une dynamique de reconquête est amorcée : « Notre semence, c’est notre liberté », a-t-il affirmé.

Ce projet a permis de mettre en évidence une réalité essentielle : l’agroécologie constitue une alternative durable et performante. Le travail mené sur les semences paysannes a non seulement favorisé la production de graines locales, mais a également contribué à la restauration de la biodiversité, notamment par la sélection de variétés résilientes face aux fortes chaleurs et au stress hydrique.

Par ailleurs, cette initiative a permis de réduire significativement les coûts de production. En privilégiant des intrants naturels et des semences reproductibles, les producteurs gagnent en autonomie et réduisent leur dépendance au crédit.
Le projet a également favorisé un rapprochement inédit entre la recherche scientifique et les savoirs traditionnels. Il a démontré que chercheurs et producteurs peuvent collaborer efficacement pour relever les défis climatiques et agricoles.

À cette occasion, le président de la CNOP a lancé un appel à l’État malien et à ses partenaires afin de soutenir la mise en marché des semences paysannes. Il a notamment insisté sur la nécessité d’un cadre législatif adapté, déclarant :
« Nous avons besoin d’un dispositif juridique qui reconnaisse pleinement le droit des paysans à produire, échanger et commercialiser leurs propres semences. C’est une condition essentielle pour garantir une sécurité alimentaire durable. »

Enfin, il a tenu à féliciter les paysans semenciers pour leur engagement, leur persévérance et leur capacité d’innovation. Il a assuré que la CNOP restera mobilisée pour préserver et valoriser les acquis du projet, afin que ces avancées perdurent au-delà de la période de financement.

Arouna Birama Togola

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