COUP D’ETAT EN AFRIQUE : Les raisons qui suffoquent la démocratie, les populations nostalgiques des régimes des pères fondateurs

Sene Kunafoni

De l’avènement des indépendances en passant par les périodes de dictatures à la démocratie, nombreux sont les pays d’Afrique qui peinent à se stabiliser, et de s’envoler vers la prospérité et l’émergence. Aujourd’hui, la population de la plupart de ces pays sont nostalgiques des régimes des pères fondateurs. Il s’agit surtout des régimes qui étaient considérés comme dictatoriales. Cela, à cause des comportements egocentriques des dirigeants dits démocrates.
Selon certains observateurs de la scène politique de notre pays, les soi-disant démocrates qui se réclament du peuple, en faisant croire que le pouvoir est exercé par et pour le peuple, sont dépourvus de tout esprit de patriotisme et de bonheur collectif. Ils ne sont au pouvoir que pour leurs seuls intérêts égoïstes. Conséquences, des coups d’états dont les résultantes sont désastreuses à travers des bains de sang entre des populations civiles, des frères d’armes et souvent entre des ethnies, est devenue monnaie courante. Hélas, nombreux sont ceux qui reprochent ces coups d’états à l’occident et la France en particulier. Mais, en réalité, quand on fait un égrenage des faits, l’occident et la France en particulier, n’en est pour rien, pour la plupart. Nous ne parlons pas du cas (de la Libye sous Kadhafi).
Enfin, reconnaissons que l’occident était derrière la plupart des premiers coups d’états consommés dans les différents pays africains, juste après les indépendances et contre les pères fondateurs. Cependant, du Mali en passant par le Niger, le Burkina, la Cote d’Ivoire, le Benin, la Guinée, le Togo, le Ghana, le Nigeria, j’en passe, tous les récents coups d’états ont pour cause la mauvaise gouvernance.
La mauvaise gouvernance, la source du mal.
Elle engendre le chômage, le terrorisme, le banditisme, la pauvreté et le dégoût de la vie. Face à ces fléaux, le peuple se sent abandonné par ceux-là qui se disent démocrates et qui, pendant les campagnes ne cessaient de faire croire au peuple que dès qu’ils seront au pouvoir, que le pays se transformerait en un petit paradis. Mais, une fois au pouvoir, c’est leurs familles et les familles de leurs entourages qui se la coulent douce. Du coup, une partie du peuple se sentant trahi, se transforme directement en ennemi du pouvoir. Cela trouve qu’au moment des élections, qui sont pour la plupart des élections bâclées, le Président s’est fait des adversaires qui se transforment en opposant. Alors la partie du peuple mécontent et les adversaires qui vivent désormais avec rancune, car souvent victimes d’élections mal organisées, se joignent pour faire face au Président qui a déjà oublié le peuple en ne s’occupant que de sa famille et de son entourage. Le plus souvent, ils acceptent le Président en lui donnant la chance de passer son premier mandat puis un deuxième acheté par l’argent public. Ici il serait couard de ne pas mentionner l’hypocrisie et la malhonnêteté d’une grande majorité du peuple qui se laisse acheter sans se soucier du sort du pays dans le futur.
Sachant bien qu’ils ont acheté les électeurs, ils essayent de tordre la constitution pour briguer un troisième mandat. Toute chose qui, pour la plupart se termine par remonter le peuple ayant passé 10 bonnes années entrain de patienter et s’apitoyer sur son sort. Cependant, ce dernier n’ayant d’autre moyen, prend la rue dans le but de réclamer le droit que la démocratie l’ordonne théoriquement et ce que le président et son entourage le confisque pratiquement. Ainsi le pays se déstabilise de jour en jour avec des marches intempestives, organisées souvent par des couches hybrides ayant comme seul but le départ du Président qui aurait trahi ses promesses de campagne. Et c’est en ce moment que les militaires, conformément à leurs slogans et leurs devoirs et serment vis-à-vis de la patrie et du peuple, interviennent par un coup d’état.
Que faire pour la bonne marche de cette démocratie mort-née dans ces pays de coup d’état en Afrique ?
Pour la bonne marche de la démocratie plus que jamais suffoquée par les coups d’état, il faudrait essentiellement que les dirigeants se démarquent de l’égocentrisme. Qu’ils apprennent à vivre dignement vis-à-vis du peuple qui les élus. Qu’ils évitent d’être des présidents arrogants.
Le peuple également a sa part de responsabilité dans le dérapage de certains de ses présidents. L’hypocrisie de nos peuples fait tomber beaucoup de ces présidents dans des erreurs irréparables. Dans beaucoup de nos pays, tu verras des gens qui soutiennent le président à tort ou à raison pourvu qu’ils gagnent leur part de gâteaux. Ils ne le disent jamais la vérité et s’empennent aux autres qui le font. Ils n’ont aucune vision ni aucune vocation pour l’intérêt général, mais leurs seuls intérêts égoïstes.
Dognoume Diarra

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