Comparer Choguel à Goebbels:  Un constat sur la dynamique du pouvoir

Sene Kunafoni

Certaines alliances politiques façonnent l’Histoire, pour le meilleur ou pour le pire. Dans l’Allemagne nazie, Joseph Goebbels fut l’architecte de la propagande qui permit à Hitler de transformer un parti extrémiste en une machine de domination totale.

Au Mali contemporain, Choguel Kokalla Maïga a joué un rôle comparable pour Assimi Goïta : celui de donner un vernis idéologique et discursif à un pouvoir né de la force, non des urnes. Dès sa nomination comme Premier ministre en 2021, Choguel s’est érigé en « porte-voix » du régime, maniant des discours enflammés contre l’ennemi extérieur, vilipendant la CEDEAO, l’Occident et la France, tout en glorifiant un « Mali debout ».

Pendant ce temps, le pays s’enfonçait dans l’isolement diplomatique et la crise sécuritaire. Comme Goebbels, Choguel a compris que le pouvoir ne repose pas seulement sur les armes, mais sur la maîtrise du récit. Assimi tirait les ficelles militaires ; Choguel façonnait la légende.

Goebbels affirmait qu’un mensonge répété mille fois devient une vérité. Choguel a appliqué cette recette : faire croire que l’isolement du Mali est un gage de grandeur, que les sanctions économiques sont un sacrifice nécessaire, et que la mainmise du régime incarne la souveraineté. Les voix dissidentes, comme sous le Reich, sont accusées de trahison ou d’être à la solde de l’ennemi.
Sous Choguel, les conférences de presse sont devenues des tribunes de propagande. Les échecs militaires, l’effondrement économique ou l’engagement des jeunes dans les groupes extrémistes violents sont éludés au profit de victoires symboliques : un contrat militaire par-ci, un défilé par-là, pour masquer l’ampleur du désastre. La guerre de l’information a remplacé la lutte contre le terrorisme.

Résultat : Assimi a bénéficié d’un bouclier rhétorique qui a étouffé toute critique interne pendant trois années, à l’image de l’emprise consolidée par Hitler grâce au verbe incendiaire de Goebbels.

Ironie de l’Histoire : Goebbels resta fidèle à Hitler jusqu’à leur suicide commun. Choguel, lui, a été écarté comme un pion usé. Après avoir servi de fusil médiatique, il découvre que, dans un régime militaire, les mots pèsent moins que les armes. Ce divorce politique illustre une constante : les dictatures dévorent leurs propagandistes une fois leur utilité épuisée.
Comparer Choguel à Goebbels n’est pas une attaque gratuite, mais un constat sur la dynamique du pouvoir : la propagande est une arme de contrôle des masses. Au Mali comme ailleurs, elle peut susciter l’adhésion… jusqu’à ce que la réalité frappe plus fort que les slogans.

Sambou Sissoko

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Next Post

Mise en œuvre du projet « Des services environnementaux générateurs de revenus dans les bassins versants pour la promotion des petits systèmes d’irrigation dans trois communes des régions de Koulikoro et Dioila »: l’Etat d’avancement rendu public

A Koulikoroni dans la Commune Rurale de Bossofala (Région de Koulikoro), le cercle d’alphabétisation REFLECT, après la formation des facilitateurs depuis fin avril et début mai 2025, a déjà mené des activités de Haute intensité de main-d’œuvre (HIMO). En prélude à ces travaux, des sessions d’animation sur la lutte contre […]