Incontestablement une des plus grandes voix du folklore « Tièblentiè » au Mali, Fatoumata Coulibaly, affectueusement appelée » Fatoumatani » a définitivement déposée le micro le lundi 18 août 2025 au CSREF de Kati des suites d’une longue maladie.
Fille de Fadjigui Coulibaly et de Oumou Coulibaly, Fatoumata Coulibaly était la deuxième fille d’une fratrie de 6 enfants dont 3 filles et 3 garçons. Mariée à Adama Ballo, un élément clé de la troupe Tièblentiè de Djinidièla qu’elle a glorieusement accompagné pendant toute sa carrière avec ses excitantes chansons qui galvanisent. La defunte cantatrice laisse derrière elle une coépouse, des enfants, un mari et des fans inconsolables.
Née à Djinidièla en 1980 dans la chefferie du village, l’histoire de Fatoumata Coulibaly avec la musique (le chant) commence dès le bas âge. Selon les temoignages recueillis auprès de Djeli Sekouba Doumbia avec qui elle galvanisait la troupe Tièblentiè, elle à travers sa belle voix et lui à travers des mots élogieux, Fatoumata et la musique c’est depuis ses ans. Ce dernier relate que : « la première personne a découvrir le talent artistique de Fatoumata fut un vieux du nom de Issa Coulibaly dit Diawara, l’actuel Chef de village et imam de Djinidièla.
Un jour dans la forêt du village, ce dernier entend de très loin, la résonance d’une voix. Très curieux, il a cherché à connaître de qui provient cette euphonique voix. C’est ainsi qu’il découvre Fatoumata en train de chanter avec harmonie. Depuis ce jour , il affirma que la petite Fatoumata sera une virtuose de la musique du terroir dans les jours à venir.
C’est quelques années plus tard, que la troupe Tièblentiè a pris l’initiative de demander aux parents de Fatoumata de les accompagner en epaulant leur chanteuse principale qui n’était autre que Sitan Doumbia, native de Bemasso et épouse de Bourama Coulibaly dit Chimie, un membre de la troupe. Et ce fut le début d’une carrière fulgurante qui va amener la troupe Tièblentiè de Djinidièla au-delà de la commune de Kalifabougou ; du cercle de Kati; de la région de Koulikoro et de la frontière malienne. Sa titulaire Sitan Doumbia étant une femme mariée à l’époque, n’a pas pu aller loin bien que son époux soit membre de la troupe. Ce fut également au cœur de cette carrière que son Adama Ballo demanda sa main en mariage auprès de ses parents.
N’ayant jamais appris quoique ce soit sur la composition d’une chanson ou le changement de ton au rythme du « Tièblentiè Bala » (balafon des Tièblentiè), Djeli Sekouba Doumbia témoigne que Fatoumata Coulibaly avait un don à matière de composition de chansons. À l’en croire Fatoumata lui faisait toujours la surprise en improvisant les chansons surplace et avec une envoûtante voix face à laquelle nul ne pouvait résister. À fortiori les Tièblentiè qu’elle accompagnait.
Hélas, ce sera désormais à travers les radios, télés et internet que les amoureux du Tièblentiè et chant Tièblentiè entendront cette envoûtante, contagieuse et affectueuse voix d’or . Plus jamais en live comme d’habitude. Elle s’en éteinte à jamais.
Affectueusement appelée « Fatoumatani de Djinidia Tièblentièw », Fatoumata Coulibaly est celle-la même qui a fait rayonné le folklore Tièblentiè en dehors de son village Djinidièla; sa commune Kalifabougou et son pays, le Mali. Avec la troupe Tièblentiè Fatoumata a fait des voyages pour representer la culture africaine, notamment malienne, je veux dire la culture du Bèlèdougou. C’est bien celle-là même qui, avec sa voix d’or et ses chants pleins de conseils, attire plus l’attention du public que la danse acrobatique de ses Tièblentiè.
Soninkégny, un village dans le cercle de Kati qui doit beaucoup à Fatoumata Coulibaly.
Selon Ngolo dit Soumaïla Diarra, le chef de village de Soninkégny grâce à une des mélodieuses chansons de Fatoumata Coulibaly le nom de son village résonne partout et au quotidien sans cesse. Effectivement au Mali et même au delà des frontières le nom de Soninkégny est cité grâce à cette chanson de Fatoumata du 25 mai 2009 lors de la cérémonie de Moussobila de Danjoua Coulibaly après une forte pluie bien que c’était au mois de mai. Notamment c’était un enregistrement de Bakary Tiory Coulibaly de la radio Bèlèkan de Kati.
Fatoumatani à jamais dans nos cœurs!
Le décès de cette figure emblématique du Bèlèdougou à l’âge de 45 ans est une perte immense pour la culture malienne. Les membres de l’Association Bèlèdougou Donkan (ABD) partagent cette douloureuse épreuve avec le monde de la culture malienne ; tout le Bèlèdougou; le cercle de Kati; la Commune de Kalifabougou ainsi que les familles; son bon époux; sa coépouse et ses enfants inconsolables.
Selon Dialakoro Oumar Coulibaly de l’ORTM, le Président de l’Association Bèlèdougou Donkan, la défunte Fatoumata a participé à toutes les activités de cette Association partout où le besoin s’est fait sentir au Mali. Cela, pour son engagement au rayonnement de l’art et la culture du Bèlèdougou. » Elle s’est engagée à promouvoir, sans condition, le Tièbletiè avec ses chansons qui prodiguent des conseils et invitent au travail, à la paix et la cohésion sociale. La perte de cette figure emblématique du Bèlèdougou est une perte immense pour la culture malienne », a conclu Oumar Coulibaly.
Après une carrière pleine de fierté pour la culture du Bèlèdougou et du Mali; de sacrifices pour ses familles, celle de ses parents et de son époux, Fatoumata Coulibaly laisse désormais derrière elle 9 enfants parmi lesquels des jumeaux ( une fille et un garçon).
À noter que son enterrement a eu lieu le même lundi 18 août 2025 à 16 heures à Djinidièla. Pour toutes informations sur la famille de Fatoumata Coulibaly contactez l’animateur Bakary Tiory Coulibaly de la radio Bèlèkan de Kati au 79337438.
Que son âme repose éternellement paix! Amen.
Dognoume Diarra

