Au Mali, les centres de santé enregistrent chaque jour des informations précieuses : nombre de consultations, femmes enceintes suivies, accouchements, maladies fréquentes, ruptures de médicaments, références vers les hôpitaux. Pourtant, ces données restent souvent dans des registres, sans être réellement utilisées pour améliorer les soins.
Et si ces chiffres devenaient un outil pour sauver des vies ?
Une meilleure utilisation des données locales permettrait d’anticiper les problèmes au lieu de les subir. Par exemple, repérer tôt un manque de médicaments, organiser les équipes en fonction des besoins réels, mieux préparer les urgences obstétricales ou encore renforcer le suivi des femmes enceintes à risque.
Aujourd’hui, avec des outils simples comme des tablettes, des téléphones ou des tableaux de suivi numériques, les agents de santé peuvent transformer leurs observations quotidiennes en décisions utiles. Ce n’est pas une question de technologie compliquée, mais d’organisation, de formation et de volonté.
Améliorer la santé au Mali ne demande pas toujours plus de moyens, mais une meilleure utilisation de ce que nous avons déjà. Les données locales, quand elles sont bien utilisées, peuvent devenir une force pour protéger les mères, les enfants et les communautés entières.
La santé commence par l’information, mais elle progresse grâce à l’action.
Docteur Sall Epse Cissoko

