Du lundi 29 au mardi 30 décembre 2025, à Kalaban Coura, la Plateforme Nationale de l’Agroécologie Paysanne et de l’Agriculture Biologique (AEPB) a organisé, en partenariat avec la CNOP, son Assemblée Générale Ordinaire. Pour donner un éclat particulier à cette Assemblée Générale de fin d’année, elle a été couplée à la 2ème édition du marché bio paysan de la Coordination Nationale des Organisations Paysannes du Mali (CNOP).
Deux événements majeurs qui a regroupé l’ensemble des grandes organisations pratiquant l’agroécologie. L’objectif, un Mali ayant pleinement atteint la souveraineté alimentaire, conformément aux dispositions de la LOA, l’AEPB qui s’engagent à consolider des systèmes alimentaires durables et territorialisés, fondés sur les principes de l’agroécologie paysanne, d’ici 2035.
Ses missions incluent notamment: La sécurisation des ressources naturelles (terre, eau, biodiversité) ; La valorisation et la préservation de la biodiversité, des semences locales et des races animales indigènes ; L’encouragement des pratiques agroécologiques basées sur la diversité, la complémentarité et l’adaptabilité ; La promotion de systèmes alimentaires locaux diversifiés, nutritifs et thérapeutiques ; L’appui et la valorisation de la place de la femme et des jeunes dans l’agriculture ; Le renforcement des synergies, alliances et structures collectives ; L’action au niveau institutionnel, législatif et réglementaire.
Au cours d’un entretien avec la presse en marge de ces événements, le président de la CNOP, M. Ibrahim Coulibaly a informé que cela fait plus de dix ans que la CNOP forme les paysans aux pratiques agroécologiques. Et d’ajouter que cette approche consiste à réduire voire éliminer l’usage de produits chimiques. « Nous avons beaucoup progressé, avec de nombreux agriculteurs formés et pratiquant désormais cette méthode. Un système de certification national est déjà opérationnel, garantissant des produits fiables. Notre rôle est d’informer les consommateurs maliens sur la disponibilité de ces produits et de créer des plateformes où ils peuvent visiter les fermes pour constater les pratiques sur le terrain », a-t-il précisé.
Pour terminer le Président Coulibaly a informé que le défi actuel réside dans la commercialisation : « souvent, ces produits se vendent au même prix que ceux issus de l’agriculture conventionnelle, car le producteur ne peut pas assurer simultanément les fonctions de cultivateur et de vendeur. Notre objectif est donc de mettre en place un circuit de distribution efficace, permettant aux agriculteurs de vendre leurs produits à un prix couvrant les coûts de production et générant un bénéfice, tout en poursuivant leur activité agricole. Il est essentiel de rappeler que l’agriculture conventionnelle utilisant des produits chimiques présente des risques pour la santé humaine et la fertilité des sols ».
Pour sa part, M. Makan Fofana, vice-président de l’ASCOMA (Association des Consommateurs du Mali), a ajouté en ces termes: « Notre mission est de garantir la satisfaction des consommateurs. Nous soutenons pleinement l’agroécologie, car ces dernières années, les consommateurs ont été confrontés à de nombreux problèmes liés à la qualité des produits. Il est crucial de connaître l’origine et les méthodes de culture des aliments, ainsi que leur impact sur notre santé », a-t-il martelé.
Pendant longtemps, l’agroécologie a été perçue comme réservée aux élites. Mais, à travers des activités de promotion et de sensibilisation, l’AEPB estime et espère faire connaître qu’il s’agit en réalité d’une pratique traditionnelle de nos ancêtres. Et, pour Madame Goundo Kamissa de la Fédération Nationale des Femmes Rurales (FENAFER), le Mali en tant que pays d’élevage et d’agriculture, dispose de toutes les ressources nécessaires pour se passer des engrais chimiques. « Si les fonds actuellement dépensés pour ces produits chimiques étaient investis dans l’agroécologie, cela bénéficierait à l’ensemble de la population malienne », a-t-elleconclu.
Arouna Birama Togola

