La 18ème session de la Commission Nationale d’Établissement des Listes d’Aptitude (CNELA) s’ouvre sous de sombres auspices. Entre interprétations juridiques contestées et frustration grandissante, le Collectif des Enseignants-Chercheurs pour la Rénovation du Secteur de la Santé (CECRSS) dénonce une violation flagrante des textes et une mise à l’écart qui brise le moral de nombreux cadres de la recherche.
C’est une véritable onde de choc qui secoue le monde universitaire et médical. Jusque-là admis à faire valoir leurs compétences, les membres du CECRSS et d’autres organisations partenaires se retrouvent brutalement exclus de la procédure de sélection pour cette session 2026. Une décision qui passe mal, très mal, auprès des principaux concernés.
Une « violation des textes » au cœur de la discorde?
Pour le Collectif, l’argumentaire des organisateurs ne tient pas la route. Si la Commission d’organisation s’abrite derrière une interprétation rigide de l’ordonnance de 2022 et de ses décrets d’application pour justifier cette éviction, le CECRSS y voit une manœuvre d’exclusion infondée.
Le Pr Fana Tangara, président de la CNELA, a pourtant tranché lors d’une conférence tenue ce lundi 20 avril à la Faculté des Sciences Techniques : « Les textes parlent de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et non spécifiquement de ces enseignants-chercheurs… les institutions non citées sont de facto exclues ». S’il concède des « erreurs » passées ayant permis ces candidatures, il affirme que cette ère de tolérance est « révolue ».
Une lecture juridique que le Collectif qualifie de arbitraire. Pour ces enseignants-chercheurs, le changement brutal des règles du jeu en pleine carrière s’apparente à une violation manifeste de l’esprit des textes qui régissent leur corps de métier.
Une démobilisation dangereuse pour le secteur de la santé?
Au-delà de la bataille juridique, c’est l’aspect humain et professionnel qui inquiète. Cette mesure de la commission considérée par le Collectif comme une exclusion, crée un sentiment profond de frustration et d’injustice chez des cadres qui dévouent leur carrière à l’enseignement et à la santé publique. En se voyant iincapables d’accéder aux listes d’aptitude, ces enseignants-chercheurs voient leurs perspectives d’évolution de carrière bloquées, ce qui entraînerait une démotivation sans précédent selon certains.
« Comment rester investi quand on nous retire du jour au lendemain le droit de progresser ? », s’interroge un membre du collectif. Cette crise de confiance risque, à terme, de fragiliser un secteur de la santé déjà sous tension, où l’excellence académique est le moteur de la qualité des soins.
Vers un bras de fer ?
Malgré les tentatives de médiation et les démarches entreprises auprès des autorités compétentes, le dialogue semble rompu. Face à une Commission qui se dit « ferme », le CECRSS ne compte pas en rester là. Déterminés à obtenir gain de cause, les membres du collectif se disent prêts à intensifier leurs actions pour restaurer ce qu’ils considèrent comme leur droit légitime.
À la fin de la Conférence , le Pr Tangara a appelé les « protagonistes à de meilleurs sentiments »,mais le fossé ne semble s’être jamais autant creusé. Entre rigueur administrative et aspirations légitimes de carrière, la 18ème session de la CNELA restera sans doute comme celle de toutes les tensions.
Affaire à suivre
La Rédaction
