Le jeudi, 27 novembre 2025, s’est tenue à la Tour de l’Afrique de Bamako, l’ouverture de la 1ère édition du Forum National de l’Agriculture Biologique et de l’Agroecologie au Mali.
Pari réussi pour cette première édition organisée par l’ONG Association Malienne pour la Solidarité et le Développement que préside M. Hamidou Diawara. Elle a marqué la participation du Conseil National de l’Agriculture Biologique du Burkina Faso représenté par M. Sayouba Bongoukou. Trois jours durant, la Société Civile Malienne et les organisations paysannes du Mali engagées pour une transition agroécologique et biologique, à savoir l’ONG AMSD; la CNOP; Le CAD Mali; le FIBL, Humunoi Rikolto, Caritas Mali et la CNABIO vont clairement échanger afin de sensibiliser.
En effet au Mali, comme dans de nombreux pays africains, un paradoxe alarmant persiste : des pesticides strictement interdits en Europe continuent d’être commercialisés, importés et employés dans nos campagnes, souvent sans information, sans contrôle et sans mesures de protection adéquates.
À en croire M. Hamidou Almamy Diawara, président de l’Association Malienne pour la Solidarité et le Développement, cette rencontre de trois jours vise à promouvoir et soutenir l’agroécologie dans notre pays, d’où la décision de consacrer la première journée de cette première édition à la lutte contre les pesticides bannis en Europe mais expédiés en Afrique.
Ce forum accompagne le gouvernement dans son processus de valorisation de l’agriculture biologique “Séné horon”, réduisant ainsi le recours excessif aux pesticides. Ces produits dangereux, prohibés en Europe depuis 2018, continuent de circuler sur les marchés maliens. Ils exposent les agriculteurs, les consommateurs et les enfants à des risques graves : Intoxications aiguës, cancers, stérilité, troubles neurologiques et contamination généralisée des sols et des eaux. L’Afrique ne doit pas devenir la décharge chimique du monde.
M. Sayouba Bonkoungou, Le président du Conseil National de l’Agriculture Biologique (CNABio) du Burkina Faso a ajouté que ce combat est mené depuis longtemps dans son pays, Burkina Faso:
« C’est une opportunité pour nous de participer à cette initiative afin de faire le plaidoyer pour que les politiques publiques intègrent la promotion de l’agroécologie dans les systèmes alimentaires durables en Afrique de l’Ouest. C’est une excellente démarche de l’ONG AMSD que degtcommuniquer sur les effets néfastes des pesticides dangereux. Nous disposons de pratiques endogènes en Afrique qui peuvent contribuer à améliorer la fertilité du sol et à préserver la santé du producteur comme du consommateur. », a-t-il conclu.
Selon Ousmane Camara, le Directeur adjoint de la Direction Nationale de l’Agriculture : « Pour que ce domaine soit rentable, il faut prendre en compte certains aspects à ne surtout pas négliger, comme la bonne qualité des produits utilisés et celle du sol cultivable. Le président de la République lui-même nous a encouragés à nous joindre à cette cause en mettant en place des stratégies pour que l’agriculture au Mali soit biologique, bénéfique pour les consommateurs et protectrice de l’environnement. Pour l’instant, nos actions se concentrent sur Bamako, mais nous avons déjà transmis des messages aux cultivateurs de certaines régions (Kayes, Kita, Koulikoro). Nous voulons qu’ils soient informés de la situation et espérons pouvoir, à l’avenir, nous déplacer dans les zones rurales. »
Ce forum ne pouvait se tenir sans l’intervention des agriculteurs eux-mêmes, qui ont tous témoigné sur les bienfaits de l’agroécologie . M. Coulibaly, cultivateur à Badalabougou et dans la zone aéroportuaire, déclare : « On ne peut pas évoquer cette pratique sans lui reconnaître le mérite de lutter contre la faim, de faciliter l’accès à la santé et de garantir un sol de qualité. Même nos animaux sont protégés et mieux nourris. Si on réfléchit bien, ces produits nocifs agissent dès leur première utilisation. Cela en dit long sur les dommages qu’ils peuvent causer au corps humain. Il faut s’éloigner de ce fléau et utiliser nos herbes sèches et nos fumiers pour produire des engrais organiques. Il faut aussi comprendre que cette pratique, l’agroécologie, n’est pas nouvelle : c’est ce que nos parents appliquaient autrefois. »
L’agroécologie n’est pas une utopie, c’est une solution scientifique, culturelle et durable, déjà mise en œuvre dans plusieurs pays africains. Elle redonne du pouvoir aux communautés, renforce les revenus des agriculteurs, garantit une alimentation saine, etc..
Les organisations présentes ont réaffirme leur engagement à protéger la santé des Maliens contre l’usage des pesticides dangereux, à préserver la qualité des sols, à consolider la sécurité alimentaire et à sauvegarder l’avenir des enfants.
Elles continueront à sensibiliser, informer, mobiliser et interpeller les décideurs politiques ainsi que les partenaires internationaux pour mettre fin à cette pratique injuste et dangereuse.
Ce combat n’est pas uniquement agricole. Il représente une lutte pour la vie, pour la justice et pour la dignité de l’Afrique et du Mali.
Arouna Birama Togola

