Il y a des jours où l’on se demande si vous ne confondez pas communiquer avec s’amuser.
Sérieusement. À force de confier la communication officielle de l’État à des « influenceurs improvisés », des vidéomen de quartier ou des stars de WhatsApp en quête de buzz, vous transformez la parole publique en sketch comique sauf que le peuple ne rit plus. Le Mali est à une période critique, où chaque mot, chaque annonce, chaque déclaration compte. Et pourtant, vous choisissez de la jouer freestyle, comme si le destin du pays se décidait entre deux montages videos.
Le récent épisode avec ce vidéoman autoproclamé très « écouté », il faut le reconnaître en est une preuve éclatante. L’homme a lancé une information totalement erronée, relayée à grande échelle, avant d’être sèchement contredite par les faits. Résultat : confusion totale, honte nationale et crédibilité de la transition mise en pièce. Le ridicule, comme toujours, ne tue pas… mais il ternit.
Et pendant ce temps, des jeunes communicants compétents, des journalistes intègres, des experts en stratégie de communication, formés ici et ailleurs, végètent dans l’ombre. Certains n’attendent qu’une seule chose : qu’on leur fasse confiance pour porter dignement la voix du Mali. Ils ont le professionnalisme, la rigueur et l’intelligence stratégique. Ce sont eux qu’il faut mettre en avant. Pas les figurants d’un théâtre mal éclairé.
Alors, de grâce, cessez de saboter votre propre image en confiant vos messages à ceux qui n’ont ni le fond, ni la forme. Le Mali n’est pas un plateau de stand-up. Et sa communication officielle ne peut pas être sacrifiée sur l’autel de la popularité virtuelle.
Si vous cherchez du sérieux, il y a des talents ici, dans ce pays, prêts à vous servir avec honneur. Encore faut-il les voir, les écouter… et avoir le courage de faire les bons choix. Parce qu’à ce rythme, ce n’est pas seulement votre communication qui perd pied c’est votre légitimité qui vacille, chaque fois un peu plus. Bonne fête à tous et à toutes.
Abdourahamane Doucouré
La Sirène

