ÉDITO : une heure nouvelle pour la presse Privée

Sene Kunafoni

La presse privée, longtemps qualifiée de vivier d’intellectuels, de phare dans l’obscurité de nos sociétés, traverse depuis plusieurs années une période de turbulence et de divisions. Loin des idéaux de ses pionniers, elle s’est trop souvent enfermée dans des querelles intestines, des luttes d’influence stériles et une perte progressive de repères. Ce constat, douloureux mais lucide, nous invite à un sursaut collectif.

Le nouveau bureau, fraîchement élu, porte en lui les espoirs d’un renouveau. Un défi immense, certes, mais pas impossible. Car il est porté par des femmes et des hommes de conviction, conscients que notre presse privée a besoin d’un second souffle. Une presse plus forte, plus crédible, plus unie. Une presse à nouveau respectée. Ce renouveau ne pourra advenir sans une volonté claire de tourner la page des divisions et de construire, ensemble, une profession digne de sa mission. Il est temps de se retrouver, de se parler, de se regarder en face non pour juger, mais pour bâtir. L’unité n’est pas un luxe ; elle est une urgence.

Et pour réussir cette transition, le soutien des aînés, des doyens, de ceux qui ont porté cette profession dans leurs tripes, est indispensable. Ce sont eux qui peuvent, par leur sagesse, guider cette génération vers l’excellence, en bannissant définitivement la médiocrité qui gangrène certaines pratiques. Notre avenir ne peut se construire sans mémoire, sans héritage, sans exigence. La presse privée n’est pas une presse de l’ombre. Elle est, ou doit redevenir, une presse d’élite. Une presse d’engagement, de rigueur et de courage. Le respect se gagne, et c’est en renouant avec nos fondamentaux que nous redorerons notre blason.
Le changement est là. Il s’impose à nous. Il ne nous demande pas la perfection, mais la sincérité de l’effort. Il nous appelle à dépasser les égos, à privilégier le collectif sur l’individuel, à travailler enfin pour l’avenir de la profession, et non pour la gloire passagère des ambitions personnelles. Ce nouveau bureau est prêt. Il a la lucidité, la détermination, et surtout, la conscience de la tâche à accomplir. Il sait que la presse privée ne pourra rayonner que si elle se réinvente, se respecte, et s’élève à la hauteur des attentes. L’histoire nous regarde. Il est temps d’écrire, ensemble, une nouvelle page.

Abdourahmane Doucouré

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