Édito : Jusqu’à quand ?

Sene Kunafoni

Chaque matin, les rues semblent plus lourdes, plus silencieuses. La fatigue des corps, le désespoir des visages, la misère qui se lit sur chaque front… le quotidien au Mali devient un poids insoutenable. Le prix des denrées alimentaires grimpe sans cesse, le carburant manque, les emplois se font rares, et les familles ploient sous la précarité. Les écoles et les hôpitaux peinent à fonctionner normalement, et les plus vulnérables semblent oubliés de tous.
On pourrait croire qu’après tant d’années de crises et de promesses, la population aurait appris à se battre. Mais la lutte devient de plus en plus dure, presque inhumaine. Les regards sont lourds de fatigue et d’angoisse, et l’espoir semble s’étioler chaque jour un peu plus. Ceux qui s’efforcent de sourire pour leurs enfants portent un masque de courage, mais derrière, la peur de ne plus pouvoir nourrir la famille est palpable.
Alors, la question revient, lancinante : allons-nous nous en sortir ? Le Mali, ses hommes et ses femmes, peuvent-ils trouver un chemin vers la dignité et la stabilité ? Chaque visage marqué par la faim, chaque geste d’enfant affamé, chaque parent qui peine à joindre les deux bouts répond par le silence, ou par un souffle de résignation.
Il n’y a pas de miracle qui viendra du ciel. Ce qui manque, ce sont des décisions courageuses, un engagement sincère, et la solidarité véritable. Il est urgent de se demander si nous avons encore la force de reconstruire, de recréer un quotidien où la misère ne dicte pas nos vies, où le sourire sur un visage d’enfant n’est pas un luxe mais une évidence. Et si la réponse dépendait de chacun d’entre nous ? La question demeure… et elle est insupportable : allons-nous nous en sortir ou allons-nous continuer à sombrer ?

Abdourahmane Doucouré

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