1ère édition du Forum National de l’Agriculture Biologique et de l’Agroécologie au Mali – FNABIO 2025: Sensibilisation contre les pesticides interdits en Europe et qui se retrouvent au Mali

Sene Kunafoni

Sur l’initiative de l’ONG AMSD et son Président, Amidou Diawara, la 1ère édition du Forum National de l’Agriculture Biologique et de l’Agroécologie au Mali (FNABIO 2025), a été organisée, au Mémorial Modibo Keita, du 27 au 30 novembre 2025. Mais, les acteurs venus du Sénégal, du Burkina-Faso, de la Côte d’Ivoire et du Mali, ont d’abord fait une ouverture officielle au monument emblématique de la Tour de l’Afrique, à l’issue de laquelle, ils ont fait une déclaration solennelle contre les pesticides interdits en Europe et qui se retrouvent en Afrique et plus particulièrement au Mali. Ils ont aussi appelé à une transition agroécologique, avant de se déployer sur le site du Mémorial Modibo Keita, pour la suite des travaux. Cette cérémonie a été magnifiée par la présence du Directeur National Adjoint de l’Agriculture, Ousmane Camara, du Conseiller Technique du Président de la Coalition Nationale des Organisations Paysanne du Mali, Abdramane Bouaré, du Président du Conseil d’Administration de CNABIO, du Burkina-Faso, Sayouba Bonkoungou et de l’initiateur de ce forum, Amidou Diawara, Président de l’ONG AMSD.
Tous, ont dénoncé avec force, le caractère nocifs des pesticides (pour la santé des producteurs, les consommateurs, la biodiversité…), malgré interdits en Europe mais, se retrouvent malheureusement, en Afrique et plus particulièrement au Mali. Appuyés par des témoignages poignants de certains utilisateurs de ces pesticides.

Les différentes interventions
Sayouba Bonkoungou PCA du Conseil National de l’Agriculture Biologique du Burkina-Faso (CNABIO) et Trésorier Général du Réseau Ouest Africain des Acteurs de l’Agroécologie
<<Je pense que c’est une opportunité pour nous, acteurs de l’agroécologie du Burkina-Faso, de pouvoir nous joindre à notre partenaire AMSD du Mali pour pouvoir l’accompagner dans sa lutte notamment la sensibilisation à l’utilisation des produits chimiques de synthèse notamment, les pesticides, les herbicides et les insecticides qui sont aujourd’hui un fléau qui contribue à détériorer la santé des consommateurs, à détériorer la santé des producteurs e t à détériorer la fertilité des sols. Raison pour laquelle nous sommes là aujourd’hui, à l’accompagner, à faire la promotion de l’agroécologie. De faire la sensibilisation sur les méfaits des produits chimiques de synthèse. L’Afrique n’est pas un dépotoir. Ce n’est pas parce que vous n’avez pas besoin des produits de chez vous, que vous allez convoyer cela vers chez nous. Nous aussi, nous n’en n’avons pas besoin. Donc la lutte, c’est pour que les gens puissent prendre conscience, des dangers de ces pesticides. Parce que c’est des choses qui ne surviennent pas aujourd’hui, et le lendemain, nous voyons les conséquences. C’est des choses qui tuent la population à petit feu. Et si nous ne disons pas non, à ces produits aujourd’hui, demain on sera face à une population malade qui ira acheter des médicaments développés par leurs multinationales pharmaceutiques pour se soigner. C’est donc, un cercle infernal>>.
Amidou Diawara, Président de l’ONG AMSD : <<Ce forum répond à un besoin crucial des pratiques agroécologiques et biologiques au Mali. Il permet à nous les différents acteurs qui se sont engagés dans l’agroécologie, de nous retrouver, de parler des problèmes auxquels nous sommes confrontés notamment : la formation, les équipements et le soutien aux agriculteurs agroécologiques, qui ont vraiment besoin et qui sont dans une dynamique d’augmenter le nombre de producteurs agroécologiques au Mali. Cela fait plusieurs années, nous évoluons sur la promotion de l’agriculture biologique mais, nous sommes confrontés à beaucoup de problèmes : les producteurs biologiques ne sont pas valorisés, ils n’ont pas beaucoup d’équipements techniques pour produire, les intrants naturels font défaut, parce qu’ils ne sont pas allés à l’industrialisation de ces engrais organiques etc. Donc, il nous faut beaucoup de moyens, beaucoup de soutien institutionnels. Nous, nous faisons beaucoup. Les organisations paysannes aussi, en font beaucoup. Mais l’idée, c’est d’alerter le public, la population et le gouvernement sur les besoins des agriculteurs agroécologiques, les faire connaître en tant que agriculteurs, soucieux du respect de la nature, et soucieux de la santé des consommateurs. Donc, les acteurs qui se sont démarqués de ces bonnes pratiques, méritent d’être soutenus et être encouragés. Donc le forum répond déjà à réunir l’ensemble des agriculteurs agroécologiques et biologiques du Mali, afin de redynamiser la production, la commercialisation et la transformation des produits agroécologiques et biologiques au Mali, par un soutien institutionnel de nos autorités. Et par ricochet, la promotion de l’agriculture biologique et agroécologique, ne peut se faire, sans parler des produits chimiques notamment les pesticides, les herbicides et les insecticides qui nuisent gravement à la santé de nos terres, de nos agriculteurs et des consommateurs>>.
Ousmane Camara, Directeur National Adjoint de l’Agriculture.
<<Nous sommes là ce matin pour témoigner de notre engagement, en faveur des pratiques agroécologiques, des pratiques de gestion durable de nos terres et la protection de l’environnement. Ce forum cadre parfaitement avec les orientations données par les plus hautes autorités du pays. Il y’a deux ans, le Président de la transition a instruit, d’élaborer une stratégie nationale de transition agroécologique. À cet effet, il y’a même un comité qui a été mis en place au niveau du Ministère de l’Agriculture pour pouvoir élaborer cette stratégie. L’agriculture biologique et l’agroécologique sont devenues une nécessité. Le contexte global du monde a fait que s’il y’a une crise au niveau d’un pays producteur de l’engrais, le petit producteur lambda dans son village va le ressentir aussi. Par exemple au lieu de payer l’engrais à 10.000 FCFA, il va le payer à 50.000 FCFA. Cela fait un problème. Et pourquoi cela ? Alors que nous avons des possibilités ici chez nous, pour produire de l’engrais qui sont bons pour nos sols, bons pour l’environnement et les plantes et même bon pour la production. Donc, il s’agit de réfléchir à ces solutions innovantes, déjà endogènes qui existaient même auparavant, de les améliorer et de les adapter au contexte>>.

Au programme
Le programme de FNABIO, prévoit : une analyse : partage de répertoire des produits chimiques interdits ailleurs mais, utilisés au Mali et leurs effets néfastes sur les populations et l’environnement ; une campagne de sensibilisation et des formations de renforcement de capacités.
Pépin Narcisse LOTI /MALI DEMAIN

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