Semaine nationale de Sènè Horon : une première édition clôturée en apothéose

Sene Kunafoni

Pendant trois jours, les acteurs de Sènè Horon se sont mobilisés autour de la promotion de l’agroécologie paysanne au Mali. Organisée du lundi 19 au mercredi 21 octobre 2026, cette première édition a été présidée par Albachart Touré, président de la Commission du développement rural du Conseil national de transition (CNT), en présence du président de la plateforme nationale AEPB et de plusieurs personnalités du monde agricole.

Cette initiative a constitué un cadre de mobilisation, d’échanges, de sensibilisation et de plaidoyer réunissant paysannes et paysans, organisations de la société civile, chercheurs, universitaires, collectivités territoriales, décideurs publics, partenaires techniques et financiers, acteurs du secteur privé ainsi que consommateurs.

Au programme figuraient des rencontres consacrées aux besoins, aux difficultés et aux perspectives du secteur agricole. Les participants ont également échangé sur le rôle de l’agroécologie dans le développement agricole du Mali. Une exposition de produits agroécologiques et biologiques a permis de mettre en valeur les initiatives des producteurs.

À l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées pour renforcer les pratiques agroécologiques et préparer les prochaines éditions. Elles portent notamment sur la pérennisation et l’institutionnalisation de la Semaine nationale de l’agroécologie paysanne, le plaidoyer en faveur de politiques publiques soutenant la souveraineté alimentaire, l’application des textes relatifs au foncier agricole et la mobilisation accrue des acteurs autour de la production agroécologique et biologique.

Les participants ont également préconisé de faciliter l’accès des producteurs à des marchés rémunérateurs et de rendre les produits agroécologiques et biologiques plus accessibles aux consommateurs, tant sur le plan géographique que financier.

Pour Mamadou Koïta, directeur exécutif de l’Institut de recherche et de promotion des alternatives de développement en Afrique (IRPAD), cette première édition a permis d’aborder plusieurs enjeux essentiels.

« Ces trois jours ont permis d’avoir les autorités présentes sur place à l’ouverture pour évoquer les dossiers essentiels sur lesquels la plateforme travaille, mais aussi les financements de l’agriculture. Des sujets de préoccupation ont été débattus sur les innovations et les pratiques en matière d’agroécologie. Il a également été un lieu de partage d’expériences entre les différents participants.

Nos objectifs ont été largement atteints dans la mesure où nous voulions d’abord tirer des leçons. La participation a été massive au niveau des producteurs, même si les résultats commerciaux n’ont pas été à la hauteur de nos attentes. Nous souhaitions que tous les produits exposés puissent être achetés. Sur ce point, le bilan reste mitigé. Toutefois, nous avons pu échanger et nous allons poursuivre le dialogue avec l’État afin de continuer ces activités qui contribueront à promouvoir ces produits », a-t-il expliqué.

De son côté, Niakaté Goundo Kamissoko, présidente de la Fédération nationale des femmes rurales du Mali, a insisté sur la nécessité de repenser les pratiques agricoles face à la dégradation des sols et aux problèmes de santé.

« Durant ces trois jours, il y a eu de bonnes réflexions. Aujourd’hui, il y a trop de maladies et les sols se dégradent. Nous nous sommes donc dit que si nous n’adoptons pas de nouvelles stratégies agricoles, nous rencontrerons davantage de difficultés.

Plusieurs grandes associations composent cette plateforme, unies pour défendre la cause de Sènè Horon. Nous avons décidé d’organiser cette semaine de l’agroécologie afin qu’elle s’étende à toutes les régions du Mali. À Kayes, le processus est déjà en cours », a-t-elle déclaré.

Elle a également appelé les agriculteurs à prendre conscience de leur responsabilité envers les consommateurs et à s’engager davantage dans cette démarche.

« Les agriculteurs doivent comprendre que tout ce que nous évoquons est bénéfique. La santé des consommateurs qui achètent leurs produits biologiques dépend aussi d’eux. Nous souhaitons que tous les producteurs puissent s’engager dans cette voie. Durant ces trois jours, nous avons beaucoup appris. Avec l’agroécologie, nous pouvons préserver la santé, favoriser le développement économique et maintenir la fertilité de nos sols.

Les experts qui ont organisé cette première édition ont fait du bon travail. Certes, il reste des lacunes, mais les prochaines éditions pourront être plus ambitieuses et toucher davantage de monde. À terme, cette initiative pourrait même s’internationaliser et accueillir des participants d’autres pays. J’espère enfin que les représentants des ministères transmettront nos préoccupations aux ministres concernés », a-t-elle conclu.

Arouna Birama Togola

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *