Le Mémorial Modibo Keita a vibré au rythme du Forum National de l’Agriculture Biologique et de l’Agroecologie au Mali (FNABIO), placé sous le thème » l’Agriculture Biologique et de l’Agroecologie face aux défis du changement climatique et de la souveraineté alimentaire au Mali « .
Après son lancement à la Tour de l’Afrique de Bamako, le jeudi 27 novembre contre les pesticides interdits en Europe mais exportés en Afrique, le FNABIO avec une première édition au Mali, organisé par l’ONG AMSD sous le haut parrainage de M. Souleymane Yacouba, le Directeur National de l’Agriculture, représentant du ministre de l’agriculture. C’était en présence du président de l’association malienne pour la solidarité et le développement (AMSD), Hamidou A Diawara, Hassane Tolo de la DNA point focal chargé de l’agroecologie , du président de la Coordination Nationale des organisations paysannes ( CNOP), M. Ibrahim Coulibaly, de Sayouba BONKOUNGOU, Président de l’APEDR et Président du Conseil d’Administration du CNABio (Burkina Faso), du Dr Mamadou Goita de IRPAD Afrique, du Dr Ibrahim Togola, N’ Thio Traoré de l’AOPP , l’ensemble des producteurs agroecologique et biologique du Mali, le ZAP, des fermiers, JCI Mali, universitaires , ASCOMA, REDECOMA , Union Européenne, la cooperation espagnol, la Fédération des hôtels et restaurant, des services publics de l’environnement ainsi que plusieurs acteurs du monde agricole.
Du 27 au dimanche 30 novembre 2025, le FNABIO a servi de cadre d’échange, de recherche, de foire d’exposition avec des produits agricoles bio ainsi que de fortes recommandations. Le président de l’ONG AMSD, Hamidou A Diawara a informé que le Forum a mis en exergue les acquis du mouvement social de la transition Agro-Ecologique et Biologique porté par la société civile et les acteurs du développement durable au Mali. << Il facilitera sans doute l’éveil de conscience des populations sur les dangers de la pollution de l’environnement à travers l’utilisation abusive des produits chimiques de synthèse toxique dans l’agriculture, des semences OGM avec les risques sur la santé humaine, animale et végétale>>.
À noter que, le FNABIO est le fruit d’un partenariat solide entre l’ONG AMSD, le ministère de l’agriculture, la direction nationale de l’agriculture, le conseil national des organisations paysannes (CNOP), le CAD avec l’appui des partenaires techniques comme : la FAO, DNA, CAD Mali, Caritas Mali, FIBL, Humundi, Rikolto, ainsi que les délégations soeurs venues du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et du Sénégal. Le FNABIO c’est aussi, des expositions des produits biologiques et Agro-Ecologique, des débats, foires, panels de haut niveau, animations, formations, visite de marché biologique, ferme Bio et remise de trophées.
Une belle expérience avec des recommandations mettant en lumière les producteurs agroecologique et biologique du Mali. Mais aussi et surtout les efforts de l’ONG AMSD. Certaines parmi les recommandations faites à l’issue de ce Forum National de l’Agriculture Biologique et de l’Agroécologie (FNABIO) au Mali sont entre autres :
Renforcement de la gouvernance et du financement.
Améliorer la transparence, la traçabilité et la redevabilité dans la gestion des fonds destinés aux programmes AEB (Agriculture Biologique et Agroécologie);
Augmenter le financement public et les investissements nationaux pour faire de l’agriculture biologique et de l’agroécologie des priorités stratégiques;
Faciliter l’accès au crédit agricole pour les producteurs AEB avec un taux préférentiel proche de 7 %;
Accroître la part du Fonds National d’Appui à l’Agriculture (FNAA) consacrée à l’agroécologie, à l’agriculture biologique et aux innovations paysannes;
Intégrer les fonds dédiés à l’AEB dans les instruments nationaux de planification et de développement pour une meilleure coordination et efficacité.
Renforcement des capacités et structuration des acteurs.
Former et sensibiliser producteurs et consommateurs aux pratiques agroécologiques et biologiques via les services techniques, ONG et partenaires;
Créer un réseau national des producteurs biologiques pour renforcer leur représentativité et protéger les consommateurs;
Mettre en place une fédération nationale des coopératives AEB pour structurer la filière et mutualiser les ressources;
Soutenir l’installation des jeunes dans la filière AEB, notamment dans la production, la transformation et la création d’unités de transformation biologique.
Développement des marchés et infrastructures.
Dynamiser et structurer les marchés agroécologiques pour améliorer l’accès, la visibilité et la valorisation des produits biologiques;
Développer des espaces dédiés aux marchés biologiques en coopération avec les collectivités territoriales;
Renforcer les infrastructures rurales, telles que l’irrigation, la conservation, la transformation et le transport, pour améliorer la compétitivité et la qualité des produits biologiques;
Encourager les alliances entre producteurs et consommateurs pour promouvoir une consommation locale, responsable et durable.
Recherche, innovation et production intégrée.
Soutenir la recherche, l’innovation et la vulgarisation des pratiques agroécologiques et biologiques via instituts de recherche, universités et centres de formation;
Promouvoir l’élevage biologique comme composante essentielle des systèmes agroécologiques;
Accroître la production et la commercialisation des produits AEB dans les PDSEC (Plans de Développement Économique et Social Communal) en accompagnant techniquement les communes et les initiatives locales.
Certification, communication et pérennisation du FNABIO.
Renforcer l’engagement de l’État dans la certification SPG et la diffusion du cahier de charges national;
Soutenir le label SPG et sensibiliser le grand public à la consommation de produits AEB;
Institutionnaliser le FNABIO comme cadre national permanent d’échanges, de plaidoyer, de coordination et de suivi des actions en faveur de l’agroécologie et de l’agriculture biologique au Mali;
Ces recommandations témoignent de la volonté des acteurs maliens de bâtir un secteur agricole durable, résilient et inclusif, capable de répondre aux défis alimentaires et environnementaux du pays.
Dognoume Diarra

