En Commune III du district de Bamako, la mortalité maternelle et néonatale demeure préoccupante malgré les efforts déployés pour y faire face. Ces formes de mortalité constituent toujours des enjeux majeurs de santé publique, affectant directement les femmes et les nouveau-nés.
Selon l’Institut National de la Statistique du Mali, le taux de mortalité maternelle était de 325 pour 100 000 naissances vivantes en 2018, et bien qu’une amélioration ait été enregistrée avec un taux de 317 en 2022, ces chiffres restent alarmants. Par ailleurs, la mortalité néonatale, qui représente une part importante de la mortalité infantile, est principalement causée par les infections, la prématurité et les complications respiratoires. Il est à noter que la majorité des décès néonataux surviennent dans les sept premiers jours suivant la naissance.
Le rôle essentiel de la Planification Familiale.
Des témoignages recueillis auprès de bénéficiaires en Commune III montrent que la Planification Familiale joue un rôle clé dans la prévention des décès maternels et néonatals. Elle permet : L’espacement des naissances, la prévention des grossesses précoces et non désirées, l’information sur les maladies génitales, la sensibilisation sur les risques des grossesses tardives.
L’accès à des soins de santé de qualité, notamment les soins obstétricaux d’urgence, complète ce dispositif pour améliorer les indicateurs de santé maternelle et néonatale.
Une définition éclairée par une spécialiste
Pour mieux comprendre la portée de la Planification Familiale, nous avons recueilli l’avis de Madame Yalkoye Hawa Guindo, Chef du service Planification Familiale à l’ONASR et figure incontournable dans ce domaine au Mali.
Elle souligne que la Planification Familiale ne vise pas à limiter le nombre d’enfants, mais plutôt à permettre aux femmes et aux couples de choisir librement et de manière responsable le moment d’avoir des enfants. Elle permet d’éviter les grossesses non désirées, de laisser à l’organisme de la femme le temps de récupérer entre les grossesses, e réduire les risques de maladie, de stress et de fatigue, de prévenir les abandons d’enfants et les cas d’infanticides, de favoriser l’allaitement prolongé et l’attachement mère-enfant, de renforcer la stabilité familiale et le bien-être général de la femme.
Témoignages de la Commune III
Trois témoignages recueillis à Ségou-Bougouni, en Commune III, confirment l’impact positif de la planification familiale sur la santé des femmes et des nouveau-nés.
Madame Traoré Oumou Diarra, ménagère, déclare:
« La Planification Familiale m’a aidée à prévenir les grossesses rapprochées, les infections sexuellement transmissibles, et les risques liés à des grossesses trop précoces ou tardives. Elle protège aussi le nouveau-né grâce à l’espacement, qui permet à la mère de mieux s’occuper de lui. Elle diminue les charges sanitaires sur le foyer et contribue à la stabilité familiale. »
Madame Sinayoko Nènè Berthé, commerçante, ajoute :
« Les bienfaits de la Planification Familiale sont multiples. Elle protège la santé des femmes et des enfants. De plus en plus de femmes y adhèrent dans notre quartier, et les cas de complications à la naissance diminuent. C’est aussi un moyen pour les femmes de soutenir financièrement leur foyer. »
M. Oumar Togo, menuisier et père de famille, partage son expérience :
« Grâce à la planification familiale, beaucoup de femmes dans mon quartier ont pu éviter des grossesses à risques. Cela a apporté plus de stabilité dans les foyers. Si toutes les femmes y avaient accès, ce serait un grand pas pour la santé des familles. »
Un impact mesurable à l’échelle mondiale
À l’échelle mondiale, les programmes de Planification Familiale ont permis, depuis les années 1960, d’éviter plus de 400 millions de grossesses non désirées, contribuant ainsi à la réduction des risques liés aux grossesses à haut risque et aux avortements dans des conditions dangereuses.
Les témoignages de la Commune III du district de Bamako sont éloquents : la Planification Familiale constitue un pilier fondamental de la protection maternelle et néonatale. Son renforcement, à travers l’éducation, l’accessibilité aux services de santé, et l’implication communautaire, reste une priorité pour sauver des vies et améliorer durablement la santé des familles.
Dognoume Diarra

