MINATA KOUYATÉ : Cette autodidacte du griotisme qui s’est forgé un chemin

Sene Kunafoni

Dans la sphère culturelle malienne, l’art et la musique se transmettent traditionnellement de père en fils ou de mère en fille. Et mieux, c’est souvent d’un grand parent à un petit enfant.

Exceptionnellement, Minata Kouyaté est cette autodidacte dans le milieu du griotisme qui s’est forgé un chemin sans transmission ni apprentissage.

Fille de feu Seyba Kouyaté et de Néné Daffé, Minata est née et grandit au Mali. Dès son jeune âge , sans que ni son père ou sa mère ne soit dans la pratique du chant griot , elle nourrit un grand amour pour la musique. Plus précisément la musique griot. Déjà à 8 ans Minata Kouyaté chantait correctement beaucoup de chants du répertoire griot du Mali.
Notamment , elle interprétait parfaitement les chansons de Naïny Diabaté; Ami Koita ; Fanta Damba Tchini etc…
Ce qui l’a valu d’être surnommée « Djelideni » , même si personne dans sa famille ne chantait ni jouait un instrument de Musique. Ne sachant d’où vient ses inspirations, elle ainsi que ses « diatigui » affirment simplement que son talent est un don de Dieu.
Selon des témoignages dans le quartier qui l’a vu grandir et gravir des échelons artistiques, Minata marchait dans le quartier pour demander aux gens s’ils ont besoin d’une griotte (Djeli) pour chanter gratuitement leur louange. « Cela faisait rire certains et d’autres se moquaient de moi« , affirme-t-elle.

Malgré ces moqueries et négligences de part et d’autre, Minata continuait de chanter et danser. Certains là donnaient de l’argent , des habits et même des bijoux pour l’encourager. Elle partait donner tout ce qu’elle gagnait à sa mère.

Audace de s’aventurer dans la quête de la perfection sans compter sur un soutien préalable.
Audacieuse et engagée qu’elle était, à 13 ans elle est allé s’inscrire toute seule au théâtre de Sogoniko pour apprendre l’art et la musique.

Cursus scolaire
À l’école, elle se faisait quotidiennement des fans avec de belles chansons.
Après le DEF , Minata est allé au Lycée du Centre Mabilé de Sogoniko avant ses 14 ans. Aimée de tous et partout en Commune VI ( actuel 6è arrondissement), elle etait jalousée par beaucoup de ses camarades de classe.
Après une année au Lycée, elle eut la chance de rencontrer quelqu’un qui va la parler de l’INA (Institut National des Arts). Elle voulait s’y inscrire, mais quand elle est allé parler à son père, ce dernier n’était pas trop content selon Minata Kouyaté. Il m’a dit:  » ma mère tu es intelligente , tu travailles très bien à l’école, tu chantes bien, mais tu m’avais dit que tu vas être Médecin ».
Chose qui a découragé Minata de continuer son projet d’inscription à l’INA. Mais n’a pas tuer l’amour de la musique en elle. Elle a donc fait son premier morceau intitulé « Djeliya tiokobedi ».

« Après je me suis marié avec le fils d’Ami Koita. J’ai fait mon premier album étant très proche de ma belle-mère Ami Koïta. J’ai beaucoup appris auprès d’elle. J’ai beaucoup voyagé avec elle », ajoute-t-elle.

Mariée au fils de Ami Koita avant d’être divorcée, Minata Kouyaté a 2 garçons. Parlant de collaboration musicale, Minata Kouyaté a travaillé avec Feu Tomani Diabate; symétrique orchestre grand podium; chanté avec Baba Maal au festival d’Oslo.

Carrière solo
Minata a commencé sa carrière solo
et a fait deux albums dont : « Ngana bèlèbéléba », que les gens ont beaucoup aimé. Un single qui as cartonné jusqu’à maintenant. Un morceau qui a fait tourné l’artiste au Malien , en Europe ; Abidjan etc.. En fin, bien que la route soit encore longue, Minata promet de faire plaisir à ses fans en leur donnant beaucoup de joie par la grâce du Tout Puissant Allah.

Dognoume Diarra

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