En 2025, alors que notre pays traverse des temps difficiles, entre incertitudes politiques, défis économiques, crises sociales, la voix de Mariam BAGAYOGO s’est imposée comme un phare de dignité, de mémoire et d’espoir.
Lauréate du prestigieux Aga Khan Music Awards (AKMA) 2025 pour l’ensemble de sa carrière, elle incarne avec force la continuité d’un patrimoine culturel national vivant, la résilience des traditions et l’exigence d’un Mali fier de ses racines. A travers son parcours, sa musique et son engagement, elle a laissé une empreinte profonde sur l’année culturelle, et au-delà, sur l’identité nationale.
Un engagement ancien, désormais célébré
Depuis des décennies, Mariam BAGAYOGO s’est consacrée à la transmission des musiques et danses traditionnelles de notre pays, notamment celles de la région de Bélédougou : chants bambara, percussions, balafon, yabara, danses d’anciennes générations. Mais, c’est en 2025 que le monde de la musique a formellement salué cette vie d’engagement. L’AKMA 2025 lui a décerné un Lifetime Achèvement Awar, l’un des honneurs les plus prestigieux pour un artiste vivant, attribué à une voix capable de « transmettre l’héritage musical de notre pays, notamment chez les femmes et les filles ».
Cette distinction place Mariam BAGAYOGO non seulement parmi les légendes de la musique malienne, mais aussi comme trait d’union entre passé et avenir, entre tradition et modernité, entre le national et l’universel. A un moment où le pays cherche à reconstruire son identité, sa reconnaissance résonne comme un message fort : la culture est un pilier, la mémoire est un socle, et l’art est un levier de cohésion.
L’année 2025 a été placée par les autorités de la Transition sous le signe de la culture : un choix volontaire qui visait à raviver la flamme artistique malienne, préserver le patrimoine, et redonner l’espoir aux populations. Dans ce contexte, l’œuvre de Mariam BAGAYOGO prend un sens renouvelé.
Par son courage et sa musique, elle a incarné la continuité de traditions souvent menacées, celle des griots, des anciens, des villages, des voix des femmes. Son art tient à la fois du chant, de la danse, de la transmission orale, de la mémoire vivante. Elle rappelle au Mali d’aujourd’hui que ses racines sont une richesse, non un fardeau : un trésor à célébrer, à préserver, à transmettre.
De plus, en choisissant de valoriser des formes culturelles populaires, ancrées dans le quotidien des populations rurales et modestes, elle a offert une alternative aux cultures importées aux modes éphémères, aux influences extérieures. Elle a réaffirmé que le Mali a son identité, son histoire, sa voix et qu’il peut s’enorgueillir d’un héritage pluriel, riche et digne.
Un modèle pour les jeunes générations
En recevant un prix international à 87 ans, Mariam BAGAYOGO envoie un message clair aux jeunes artistes maliens : l’engagement, la constance, la fidélité à ses racines paient. Elle montre que l’art malien ne se construit pas seulement dans les grandes villes ou les studios occidentaux, mais aussi dans les villages, les villages historiques, sur les rives du Niger, autour d’un Balafon, d’un yabara, d’une danse ancienne.
Sa vie et sa carrière sont un mode d’emploi pour le relevé
Respecter l’héritage, l’intégrer au présent, produire une œuvre sincère, ancrée, porteuse de sens. Dans un contexte où beaucoup aspirent à l’exil ou à l’exotique, Mariam BAGAYOGO incarne le choix de rester, de créer pour le Mali, avec le Mali, pour ses filles et ses fils.
L’impact de Mariam BAGAYOGO ne se limite pas à l’univers des mélomanes ou des cercles culturels :il touche l’identité même de notre pays. Son travail nourrit le sentiment d’appartenance, la fierté nationale, le respect des particularismes. A travers ses chants, ses danses, son parcours, elle rappelle que notre pays n’est pas qu’un pays de crise ou de transition : c’est un terreau d’histoire, de culture, de beauté, d’humanité.
En 2025, marquée par des tensions sociales, des défis sécuritaires, des incertitudes, le retour à la culture, incarné par des artistes comme elle, apparait comme un acte de résistance, de renaissance, de réaffirmation. Choisir Mariam BAGAYOGO comme figure artistique de l’année, c’est choisir la culture comme ciment, la mémoire comme socle, l’art comme avenir.
Mariam BAGAYOGO : un symbole, un héritage, une promesse
On pourrait citer d’autres artistes (jeunes, moins jeunes, vivants, innovants) et il est vrai que la scène culturelle de notre pays reste vibrante. Mais en 2025, trois critères nous paraissent essentiels pour départager les artistes. La portée symbolique : un prix international pour une artiste traditionnelle, âgée, rappelant l’héritage est un signal fort dans un monde obsédé par la nouveauté. La continuité et la transmission : ce n’est pas une mode, pas un coup markéting, mais une vie dédiée à la musique populaire, à la culture réelle des villages, des terroirs, des communautés.
Le rôle national
Alors que notre pays cherche reconstruction et réappropriation politique, économique, culturelle, Mariam BAGAYOGO exprime l’idée d’un Mali enraciné, fier de son histoire, confiant en son avenir.
Ces trois piliers, héritage, transition, identité, font d’elle non seulement une artiste remarquable, mais une figure structurante pour le Mali de 2025.
A la fin de l’année 2025, si l’on cherche un nom, un visage, un symbole capable de résumer ce que le Mali peut être fier, digne, enraciné, ouvert, c’est celui de Mariam BAGAYAGO. Par sa voix, son parcours, son engagement, elle incarne l’âme d’un pays qui respire par la culture, qui tient à sa mémoire, qui croit en ses racines. En ce temps où le Mali cherche à se reconstruire, à se réinventer, à redonner espoir l’art, la musique, la tradition sont plus qu’un refuge : ce sont des fondations. Mariam BAGAYOGO en est l’une des pierres maitresses. Elle nous rappelle que le Mali n’est pas qu’un territoire à revendiquer, c’est une identité à défendre, un héritage à transmettre, une liberté à célébrer.
Source : INFO-MATIN

