Dans un texte intitulé » Mes murmures dans les oreilles d’Assimi Goïta en 24h00 chrono ! » M. Dionkè Fofana informe avoir encore fait un rêve pour le Mali.
« Yes, I had another dream !!! » , » Oui j’ai fait un autre rêve », précis t-il en anglais. Dans l’acte 3 de son rêve M. Fofana informe qu’au Mali, les services essentiels restent d’accès difficiles voire inaccessibles aux populations, après 5 années de transition.
Lisez le reste de l’autre rêve de M. Dionkè Fofana:
« Décidément, Morphée (Dieu des rêves) ne voulait plus me quitter, et ni les turbulences sécuritaires, et encore moins l’appel à la prière du muezzin ne pouvaient me sortir de son emprise. Comme un air du « déjà vu », les vicissitudes et les tribulations qui minent le quotidien des maliens m’apparurent soudainement.
1. L’accès aléatoire aux soins et services de santé de qualité : La volonté y est, mais les moyens font défaut.
Ces événements se déroulent entre 03h00 et 04h00 du matin !
Le mal de l’hôpital au mali est très profond. Cet état de fait est incontestablement antérieur à la transition. Mais de toute évidence les espoirs, nés du coup d’état, en matière d’accès équitable aux soins et aux services de santé, sont déçus.
À l’heure du bilan, les hôpitaux et les centres de santé continuent de manquer de tout ou presque; ils sont en décrépitude permanente rendant aléatoire l’accès aux services de santé et aux soins de qualité. La mise en place de la couverture sanitaire universelle (CSU) demeure toujours un slogan creux, et tarde à se réaliser malgré les nombreuses études faites à ce sujet.
Les plateaux techniques, les équipements médicaux et biomédicaux par niveau de structures dans la pyramide sanitaire, sont dans un piteux état, ou sont parfois inexistants dans bien de disciplines.
Le nombre de jour d’arrêt par an et par équipement augmente année après année.
Plus globalement les laboratoires dans les structures publiques sont bien souvent arrêtés faute de réactifs, parfois faute de consommables et régulièrement par manque d’entretiens courants des équipements. Une simple goutte épaisse ou une numération formule sanguine (NFS) relève parfois du parcours du combattant dans certains hôpitaux y compris dans les hôpitaux de 3ème référence.
Et pourtant tous les ans, des appels d’offres sont organisés pour qu’à la fin des courses l’on se rende compte à l’évidence de l’inadéquation entre l’investissement et les besoins exprimés.
Les médecins manquent le plus souvent de simples ordonnanciers et de petits matériels de diagnostic et de soins.
L’hygiène est catastrophique, les lits d’hospitalisation sont vétustes, et plus généralement les structures sanitaires ne disposent même pas de circuits sécurisés d’élimination des déchets biomédicaux exposant les malades et les accompagnateurs à des maladies nosocomiales. L’hôpital, censé soigner, est bien souvent malade lui-même ; et donc tue plus qu’il ne guérisse malgré toutes les bonnes volontés des praticiens.
Nos meilleurs cliniciens sont, bien souvent, en désertion totale des structures publiques au profit du privé bien rémunéré et mieux équipé. Parfois, ils sont eux-mêmes actionnaires / propriétaires, et contre toute déontologie, ils deviennent « tri-partisans » (universitaire – hospitalier – et clinicien privé).
À ce rythme, comment arriveront-t-ils à satisfaire les trois niveaux d’intervention à moins d’être un apprenti sorcier et disciple de l’école d’Harry Potter ou de Karaba la sorcière.
Les directeurs des structures sanitaires d’envergure sont à l’image de leur ministre de la santé avec une durée de vie très limitée dans le poste. Cette fragilité empêche indubitablement l’amélioration continue et intelligente de la gouvernance hospitalière. Le Mali tarde et traine à démédicaliser la fonction de gestionnaire ou de manager d’hôpitaux. Un bon clinicien n’est pas forcément un bon gestionnaire !!!
En raison de la précarité rampante au sein des communautés, les bénéficiaires des prestations de santé (patients) deviennent eux même, le premier maillon dans la chaîne de corruption en complicité avec certains prescripteurs. Les attestations d’assurance passant de main en main, et souvent accompagnées de fausses prescriptions.
L’assurance maladie obligatoire, cette ingéniosité et exception malienne, qui devrait être le premier rempart d’un accès qualitatif et équitable pour tous à des soins et services de santé, s’en gouffre désespérément sur une trajectoire sans issue. Aujourd’hui, la soutenabilité de son modèle économique est soumise à rudes épreuves avec des difficultés constantes pour l’État de rembourser les prestataires (officines privés, cliniques privées, structures publiques…).
Au bout de la chaîne, le personnel de santé, sans aide et sans accompagnement, et bien souvent livré à lui-même devient le maître chanteur qui dicte sa loi aux patients et aux familles des patients avec des méthodes peu orthodoxes pour certains.
Bref, la puissance publique, elle-même, à savoir l’État accorde peu d’importance au financement de la santé, et la santé est bien souvent le parent pauvre des LFI / LFR. (Ref. Loi de finances 2024 et le budget dérisoire alloué à la santé).
Certes le tableau sus décrit est sombre et non reluisant, mais fort heureusement des solutions existent, donc l’espoir est permis. C’est là, tout le combat de la ministre de la santé actuelle qui s’emploie activement depuis un certain temps dans une dynamique de co-construction d’un système de santé robuste et résilient avec l’ensemble des acteurs clés.
Sous son leadership bienveillant, le Mali vient de réaliser les états généraux de la santé et dont les 973 recommandations ont été présentées aux plus hautes autorités de la transition. Ces orientations sont articulées autour de 68 axes stratégiques et 286 activités. Le tout classé prioritairement à court, moyen et long terme sur la période 2025-2034.
Face à aux nombreux défis qui assaillent l’écosystème de la santé publique au Mali, et tenant compte de la volonté manifeste des autorités à réussir la couverture sanitaire universelle, le Malien lambda est en droit aujourd’hui de se poser les questions ci-après :
■ Qu’attendent les autorités de la transition pour faire la promotion de la solidarité nationale et la responsabilité collective pour réussir un système de santé plus humain, plus accessible à tous et plus efficace ?
■ À quand la fin des travaux et l’ouverture officielle du nouvel hôpital militaire de Banancoroni répondant aux standards de qualité internationaux ?
■ Enfin, est ce que la Loi de finances rectificative de 2025 prendra en compte le financement du plan de mise en œuvre des recommandations des états généraux de la santé ?
Subitement le deuxième appel du muezzin, appelé par la communauté musulman «Al Adhan » retentit, mettant ainsi un coup d’arrêt à la fertilité de mon « cerebellum » qui commençait à imaginer les solutions plurielles d’un système de santé robuste, intelligent et résilient autour de la démocratie sanitaire et de la diplomatie sanitaire. Ceci est une autre contribution que je verse et faire valoir aux débats, et servir le destinataire in fine. Restons connectés pour après la prière de «Salat al-Fajr ou Salat as-sobh » pour découvrir les événements qui se produiront de 05h00 à 06h00 du matin.
Dieu bénisse le Mali, et veille sur les maliens !!! »
La rédaction

