Le mardi 23 décembre 2025, au Mémorial Modibo Keïta, s’est tenu un atelier formation à l’endroit des acteurs institutionnels, des décideurs, sur la maîtrise de la Convention Internationale Relative aux Droits des Personnes Handicapées. C’était initié par l’Association Culturelle et Artistique des Personnes Handicapées AACAPH_HINESO .L’ouverture de l’atelier était sous la présidence du représentant du Ministère de la Santé et du Développement Social.
Initié par l’ACAPH_HINESO que préside Madame Kadiatou Coulibaly dite Katoucha, cet atelier fut organisé avec l’accompagnement de plusieurs partenaires techniques et financiers dont la Délégation du Comité International de la Croix Rouge (CICR Mali); le Mouvement Féministe du Mali (MFM) et l’Association Femmes , Leadership et le Développement Durable (ONG AFLED). Au total 50 participants représentants des organisations pour personnes handicapées ; membres des institutions gouvernementales concernées ; acteurs de la société civile ; ONG, PTF ; juristes et professionnels du droit bénéficient de cette formation sur la maîtrise de la Convention Internationale Relative aux Droits des Personnes Handicapées et la Loi 2018-027 Relative aux droits des personnes vivant avec un Handicap au Mali.
Selon la Présidente Kadiatou, l’atelier a pour objectif, la bonne maîtrise de la Convention Internationale Relative aux Droits des Personnes Handicapées et la Loi 2018-027 Relative aux droits des personnes vivant avec un Handicap au Mali. Comme premières cibles de cette formation, les acteurs institutionnels et les décideurs afin de prendre en compte la dimension handicap dans leurs programmes de développement. Mais aussi et surtout des organisations pour personnes handicapées pour renforcer leur connaissance sur ladite convention.
À en croire la Présidente Katoucha, cet atelier fut un pas important vers la mise en œuvre pratique des droits des personnes vivant avec un handicap au Mali (femmes et filles), favorisant leur intégration sociale et juridique au sein de la société malienne. Elle estime que la reconnaissance et la protection des droits des personnes vivant avec un handicap en général et ceux des femmes et filles handicapées en particulier constituent un enjeu essentiel pour promouvoir une société inclusive et équitable.
Pour rappel, la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées (CDPH), adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2006 et ratifiée par le Mali en 2008, établit un cadre juridique et moral pour garantir le respect, la protection et la réalisation des droits fondamentaux de ces personnes.
Cependant, malgré les avancées normatives, de nombreuses barrières sociales, institutionnelles et structurelles persistent. Les femmes et filles vivant avec un handicap sont particulièrement exposées à des formes multiples et croisées de discrimination. Elles subissent disproportionnellement les violences basées sur le genre, notamment les violences physiques, sexuelles, psychologiques, économiques et institutionnelles. Leur accès à la justice, aux services de santé, à l’information, à l’éducation ou aux mécanismes de protection reste limité par l’inaccessibilité, les stéréotypes, la dépendance économique ou l’absence de formation des acteurs.
L’article 6 de la CDPH rappelle clairement que les femmes et filles handicapées ont droit à l’épanouissement, à l’autonomisation, à la protection et à la pleine jouissance de leurs droits humains. Il exige des Etats qu’ils mettent en place des mesures spécifiques pour prévenir les violences, garantir la protection, assurer l’accès aux services, et lutter contre les discriminations fondées à la fois sur le genre et le handicap.
Au niveau national, la loi 2018-027 vient renforcer ce cadre en établissant les dispositions législatives spécifiques pour la protection, la promotion et l’inclusion des personnes vivant avec un handicap. Elle vise à assurer leur participation pleine et effective dans toutes les sphères de la société, en éliminant les barrières physiques, sociales et juridiques.
Dans le contexte des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et de la célébration de la Journée Internationale des Personnes Handicapées (03 décembre), il est impératif de sensibiliser et de former les acteurs concernés, notamment les responsables institutionnels, les acteurs associatifs, et les membres de la société civile, sur les principes fondamentaux de la CDPH ainsi que sur les dispositions clés de la loi 2018-027, et aussi sur les réalités vécues par les femmes et filles vivant avec un handicap. Cela permettra de renforcer leur capacité à mettre en œuvre efficacement ces textes et à promouvoir une culture de respect et d’inclusion des personnes en situation de handicap.
Ainsi, l’objectifs dudit atelier était de : Renforcer la compréhension et les capacités des participantes et participants sur la CDPH, la loi nationale relative aux personnes vivant avec un handicap, et les violences basées sur le genre touchant particulièrement les femmes et filles handicapées, afin de promouvoir une prise en charge, une prévention et une protection plus inclusives.
Il permettra spécifiquement aux participants de : Comprendre les principes, obligations et mécanismes de la CDPH et de la loi nationale sur le handicap ; Identifier les formes de discriminations multiples et croisées que subissent les femmes et filles handicapées ; Renforcer les connaissances sur les Violences Basées sur le Genre (VBG) et les violences spécifiques liées au handicap ; Outiller les participants sur les mesures de prévention, de protection et de prise en charge inclusive des femmes et filles handicapées survivantes de violences ; Promouvoir l’accessibilité, l’inclusion et le respect des droits humains dans les services sociaux, juridiques, sanitaires et communautaires; Encourager la collaboration entre acteurs pour un environnement protecteur durant et au-delà des 16 jours d’activisme.
À rappeler que ce fut possible grâce à l’accompagnement financier de la Délégation du Comité International de la Croix Rouge (CICR Mali); le Mouvement Féministe du Mali (MFM) et l’Association Femmes , Leadership et le Développement Durable (ONG AFLED).
Dognoume Diarra

