Éducation: Cri de détresse des Promoteurs et Enseignants des établissements privés du Mali

Sene Kunafoni

Alors que les autorités de la Transition ont placé l’année 2025-2026 sous le signe de l’éducation, la réalité dans les établissements privés est aux antipodes des discours officiels. À tel enseigne que certains promoteurs et enseignants pensent que certaines décisions seraient seulement pour la forme et pour des fins populistes.

Entre subventions impayées depuis trois ans, pressions bancaires et enseignants sans salaires, ces derniers évoquent que le secteur privé, qui accueille une part massive des élèves orientés par l’État, s’enfonce dans un chaos sans précédent.
​Un paradoxe insoutenable
​Le constat est amer. D’un côté, une volonté affichée par les plus hautes autorités de faire de l’éducation une priorité nationale. De l’autre, une asphyxie financière qui dure depuis trois ans. Les promoteurs d’écoles privées du Mali, partenaires historiques de l’État, vivent aujourd’hui un véritable calvaire.
En cause, les enseignants et promoteurs d’établissements privés denoncent le non-paiement de la subvention étatique, nerf de la guerre pour ces structures qui assurent une mission de service public. Le cercle vicieux de la dette
​pour les promoteurs, la situation est devenue ingérable. Pour construire, équiper et faire fonctionner leurs établissements, la plupart ont contracté des prêts bancaires. Faute de subventions, les retards de remboursement s’accumulent, déclenchant des pénalités bancaires sévères qui grèvent des budgets déjà inexistants.
« Nous sommes pris à la gorge », confie un promoteur sous couvert d’anonymat. «Les banques ne font pas de sentiments. Pendant que nous attendons l’argent de l’État, les intérêts courent, et c’est notre patrimoine personnel qui est mis en péril.»

Enseignants des Ecoles privées : les oubliés de tous les temps.

​Ils estiment que la conséquence la plus dramatique de cette crise se situe dans les salles de classe. Depuis l’ouverture de l’année scolaire 2025-2026, de nombreux enseignants n’ont pas perçu le moindre centime. Ces pères et mères de famille, qui tiennent à bout de bras l’avenir de la jeunesse malienne, ne parviennent plus à subvenir à leurs besoins élémentaires.

Comment exiger de la qualité et de la rigueur de la part d’un personnel démoralisé, affamé et précarisé ?

Le mutisme généralisé autour de cette question est assourdissant. Un impact direct sur le niveau des élèves
​Le silence des autorités et des partenaires sociaux inquiets. Cette instabilité financière impacte directement le niveau des élèves. Débrayages fréquents, démotivation du corps enseignant et manque de matériel pédagogique sont autant de freins à l’apprentissage. Il est paradoxal que l’État, qui oriente lui-même des milliers d’enfants vers ces structures privées faute de places dans le public, se désengage ainsi de ses obligations financières.
​Un appel à l’action immédiate
​Les plus hautes autorités du Mali, avec à leur tête le Président de la Transition, sont vigoureusement interpellées. L’éducation des enfants maliens ne peut être le parent pauvre de la Transition. Prioriser l’éducation, c’est d’abord respecter les engagements pris envers ceux qui la dispensent.
​Pour conclure, les promoteurs des établissements privés estient que l’heure n’est plus aux promesses, mais au règlement urgent des arriérés de subventions. Il en va de la survie du secteur privé de l’enseignement, mais surtout de la crédibilité du système éducatif malien et de l’avenir de toute une génération.

Dognoume Diarra

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