ATTAQUE ENTRE KOLOKANI ET OUOLODIEDO : l’artiste Mamou Sidibé victime collatérale d’un braquage

Sene Kunafoni

Dans la nuit du samedi 14 au dimanche 15 février 2026, une courte vidéo de l’artiste malienne Mamou Sidibé est devenue virale sur les réseaux sociaux. On y voit l’artiste, visiblement sous le choc, déclarer : « Je suis Mamou Sidibé. J’étais venue à Kolokani pour une manifestation culturelle en hommage à Mariam Bagayoko. Après la manifestation, me voici en train d’être enlevée par des gens qui disent que j’ai eu ce que j’ai cherché. » Cette séquence a rapidement suscité inquiétude et spéculations.

Les faits
Selon plusieurs témoignages concordants, l’attaque survenue sur l’axe entre Kolokani et Ouolodièdo ne visait pas l’artiste. Les assaillants auraient plutôt ciblé un commerçant bien connu du marché de Dral. L’artiste et les membres de son équipe auraient été arrêtés au même endroit que d’autres usagers de la route, avant d’être dépouillés de leurs téléphones, de leur argent et de bijoux, puis relâchés. Ils figurent donc parmi les victimes de ce braquage collectif.
Après l’incident, le convoi s’est dirigé vers Ouolodo, chef-lieu de la commune voisine. Sur place, Mamou Sidibé et son équipe ont été pris en charge et sécurisés par les autorités communales, notamment le maire, avant de poursuivre leur route vers Bamako aux premières heures du dimanche 15 février.
Cependant, la vidéo enregistrée par l’artiste dans un moment de panique — une réaction compréhensible face à une situation inédite et traumatisante — a continué de circuler massivement en ligne, alimentant rumeurs et interprétations erronées. Contrairement à certaines affirmations relayées sur les réseaux sociaux, l’artiste et l’ensemble des membres de son orchestre étaient sains et saufs à leur retour à Bamako.
Une attaque ciblée
D’après des sources locales, les assaillants étaient au nombre de cinq et armés de deux pistolets chargés. Ils auraient procédé à des fouilles systématiques des passagers et des usagers de la route, parmi lesquels des villageois de Ouolodièdo et des voyageurs empruntant l’axe Bamako–Kolokani en direction de Kayes et du Sénégal.
Toujours selon ces sources, les braqueurs répétaient le nom d’un individu précis au moment des contrôles, laissant penser que l’opération était ciblée.
La victime recherchée, surnommée « Chine », serait un commerçant de bétail du marché de Dral, dans la commune de Kambila (cercle de Kati). Il aurait finalement été identifié à bord d’un bus et aurait perdu la vie par arme à feu lors d’échanges avec les assaillants.
Les circonstances exactes de ce meurtre restent à établir. Si certains évoquent un mobile financier, d’autres parlent d’un possible règlement de comptes, en lien avec des tensions internes autour de la gestion du marché à bétail. Ces hypothèses demeurent toutefois à ce stade, non confirmées.
Face à la gravité des faits, plusieurs voix appellent à l’ouverture d’une enquête afin de faire toute la lumière sur cette attaque meurtrière et de situer les responsabilités.
Dans cette affaire, l’artiste Mamou Sidibé apparaît ainsi comme une victime collatérale, prise au mauvais endroit au mauvais moment, dans un contexte d’insécurité qui continue de fragiliser les axes routiers du pays.

Dognoume Diarra

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