RN3, L’AXE DE TOUS LES DANGERS : KAMBILA SE MOBILISE AVANT DE NOUVEAUX DRAMES !

Sene Kunafoni

Face à la recrudescence des accidents sur l’axe Kati-Kolokani, les forces vives de la commune réclament des mesures urgentes et annoncent une série d’actions de sensibilisation.

La multiplication des accidents de la circulation sur la route nationale n° 3 (RN3), notamment dans la commune rurale de Kambila, suscite une vive préoccupation au sein des populations riveraines. Face à la récurrence de ces drames, les forces vives de plusieurs localités ont décidé de se mobiliser pour rechercher des solutions concrètes et durables. Une Assemblée générale extraordinaire s’est ainsi tenue le dimanche 25 octobre 2026, dans les locaux de l’école fondamentale de Kambila, à l’initiative du Comité de gestion des logements sociaux de Fanafiecoura, présidé par M. Cheick Fanta Mady Doumbia.

Cette rencontre a réuni les représentants de Kambila, Fanafiecoura, Diawanébougou et de la Cité des logements sociaux, autour d’un objectif commun : contribuer à mettre un terme aux accidents meurtriers et aux risques permanents auxquels sont exposés les usagers de cet axe routier stratégique reliant Kati à Kolokani.

Une mobilisation communautaire face à l’urgence

L’Assemblée a enregistré la participation de plusieurs acteurs locaux, notamment des chefs de village, des conseillers communaux des localités riveraines, d’anciens conseillers municipaux ainsi que des représentants des associations de jeunes et de femmes.

Au cours des échanges, les participants ont passé en revue plusieurs facteurs susceptibles de favoriser les accidents sur la RN3. Parmi les préoccupations soulevées figurent les virages dangereux, les rétrécissements de la chaussée, les nids-de-poule profonds et la présence de véhicules en panne sur les accotements, autant de situations pouvant provoquer des pertes de contrôle et des collisions, particulièrement la nuit.

Face à ces risques, plusieurs pistes d’action ont été évoquées. Il s’agit notamment d’identifier collectivement les zones accidentogènes, de renforcer le signalement des véhicules en panne ou immobilisés sur la chaussée et de développer des mécanismes communautaires d’alerte rapide.

Les participants ont également insisté sur la nécessité de sensibiliser les conducteurs à la réduction de la vitesse à l’approche des agglomérations et d’interpeller les autorités compétentes sur les aménagements indispensables à la sécurisation de cet axe.

Trois recommandations pour passer à l’action

À l’issue des discussions, trois principales recommandations ont été retenues. Le porte-parole de la jeunesse de Kambila, M. Nêguêba Coulibaly, a indiqué que ces propositions traduisent la volonté des participants de dépasser le simple constat pour engager des actions concrètes.

La première recommandation porte sur l’organisation de campagnes de sensibilisation de proximité dans les écoles et les marchés situés le long de la RN3, afin d’encourager les comportements responsables et de prévenir les accidents.

La deuxième concerne l’installation de ralentisseurs supplémentaires aux endroits jugés dangereux. Cette mesure, qui nécessite l’intervention et la validation des services techniques compétents, vise à inciter les conducteurs à réduire leur vitesse à l’approche des zones habitées.

Enfin, les participants ont recommandé l’organisation d’une marche pacifique en hommage aux victimes des accidents de la route et en signe de solidarité envers leurs familles. Au-delà de son caractère commémoratif, cette initiative entend attirer davantage l’attention de l’opinion publique et des autorités sur l’urgence d’une réponse appropriée.

Les autorités et les professionnels de la route attendus

Si cette mobilisation communautaire constitue un signal fort, les participants estiment que la lutte contre l’insécurité routière sur la RN3 ne saurait reposer uniquement sur les populations riveraines.

L’implication des syndicats de chauffeurs, des compagnies de transport en commun et des transporteurs de marchandises apparaît indispensable pour renforcer la prévention et promouvoir le respect des règles de circulation. La contribution des services techniques, notamment l’Agence nationale de la sécurité routière (ANASER) et la Protection civile de Kati et de Kolokani, serait également précieuse pour identifier les zones à risque et proposer des solutions adaptées.

Dans cette perspective, l’élaboration d’un mémorandum conjoint à l’attention du ministère chargé des Transports et des Infrastructures figure parmi les pistes évoquées. L’objectif serait de solliciter des aménagements supplémentaires, une meilleure signalisation des points dangereux et un accompagnement institutionnel des initiatives locales.

La mise en place d’un comité inter-villageois de vigilance routière a également été proposée pour assurer la remontée rapide des alertes concernant les accidents, les pannes entravant la circulation et les dégradations importantes de la chaussée.

Une initiative à transformer en résultats concrets

À Kambila, cette Assemblée générale extraordinaire témoigne d’une prise de conscience collective face à la récurrence des accidents sur la RN3. Elle traduit surtout la volonté des populations de ne plus rester de simples témoins de drames qui endeuillent les familles et fragilisent la sécurité des usagers.

Toutefois, pour produire des résultats durables, cette mobilisation devra s’accompagner d’un suivi rigoureux des recommandations, d’une collaboration étroite avec les autorités compétentes et de la réalisation effective des aménagements nécessaires.

Car, sur l’axe Kati-Kolokani, la sécurité routière ne peut plus être considérée comme une préoccupation secondaire. Elle constitue une urgence collective qui appelle des réponses rapides, coordonnées et efficaces.

Dognoumé Diarra

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