Dans le Bèlèdougou comme au-delà de ses frontières, le Tièblétiè demeure l’une des expressions culturelles les plus prisées. Riche de sens et d’histoire, cette pratique a longtemps incarné des valeurs fondamentales telles que le respect, la discipline et la transmission. Toutefois, depuis quelque temps, de nombreuses voix s’élèvent pour alerter sur une dégradation progressive de ses fondements.
Au cœur des inquiétudes figure la montée de comportements jugés contraires aux rites et codes traditionnels. Sur scène, certains danseurs adoptent des attitudes qualifiées de populistes, multipliant les salutations personnalisées et les poignées de main avec le public dans une quête d’approbation immédiate. Plus préoccupant encore, les échanges verbaux directs entre danseurs et spectateurs tendent à se banaliser, alors même qu’ils étaient autrefois strictement proscrits par les garants de la tradition du Bélédougou.
Par ailleurs, l’usage des téléphones portables en pleine prestation suscite une vive désapprobation. Certains danseurs n’hésitent plus à se prêter à des prises de vue avec des spectateurs, brouillant ainsi les limites entre performance artistique et interaction informelle. Ces pratiques, perçues comme une rupture avec l’éthique du Tièblétiè, contribuent à affaiblir la rigueur et la retenue qui faisaient jadis sa singularité.
À l’opposé de ces dérives, les anciens, véritables dépositaires du savoir, incarnaient une exemplarité reconnue. Par leur discipline et leur respect strict des codes, ils imposaient naturellement l’admiration du public, sans recours à des artifices.
Face à ces évolutions, la préservation de l’authenticité du Tièblétiè apparaît comme un enjeu majeur. Il devient impératif de réaffirmer les principes qui fondent cette pratique, afin d’en assurer la pérennité. Car au-delà du simple divertissement, le Tièblétiè constitue un patrimoine culturel précieux, qu’il convient de protéger et de valoriser.
Bèlèdougou-Ka

