Réticence des transhumants face aux medias et défis du pastoralisme : M. Boureima DODO explique

Sene Kunafoni

Le jeudi 10 octobre 2019 à Accra, les journalistes en formation sur le pastoralisme et la transhumance ont eu l’honneur de s’entretenir sur la question de réticence des transhumants (éleveurs pasteurs) envers les hommes de media avec le Secrétaire permanent du Réseau de l’organisation des pasteurs d’Afrique « Bilital Maroobé » RBM, M. Boureima DODO du Niger.
Lisez plutôt :
Le Media a-t-il un rôle à jouer dans le pastoralisme ?
Etant le Secrétaire permanent du Réseau de l’organisation des pasteurs d’Afrique (Bilital Maroobé), je suis le mieux placé pour estimer le rôle des medias dans le pastoralisme. Les medias ont rôle très important dans le domaine pastoral.
Alors pourquoi les transhumants sont-ils réticents envers les hommes de media ?
Les transhumants ont beaucoup d’estime pour les hommes de medias car ils connaissent la presse a pour rôle principal la sensibilisation et l’information, mais aussi et surtout la plaidoirie à travers des dénonciations. La réticence des éleveurs pasteurs face à la presse n’est pas qu’ils n’aiment pas la presse, mais c’est parce certains d’entre eux ne comprennent pas la presse.
Que faut-il faire pour une bonne compréhension de la presse au sein des transhumants ?
Il faut de sensibilisations à long terme afin de pouvoir pâlir à cette réticence. Cela pourra permettre également à la presse de plus de sensibilisation auprès de la population pour mettre fin à la stigmatisation autour du pastoralisme. Que tous soient conscients que le pastoralisme dans sa globalité n’est pas le travail de l’ethnie peul seulement. Dans les pays sahéliens toutes les ethnies pratiquent le pastoralisme. Le jour où le pastoralisme ne sera plus pratiqué en Afrique, particulièrement en dans le sahel ce sera le catastrophe car le chômage se multipliera.
Qu’est-ce que le RBM ?
Comme je vous l’avais dit, le RBM c’est le Réseau de l’organisation des pasteurs d’Afrique « Bilital Maroobé » qui est à sa 6eme réunion de haut niveau. Le Mali et le Niger sont à la base de sa création à travers des rencontres périodiques des pays sahéliens. Vu que les éleveurs des pays sahéliens partent dans les pays côtiers, il y a eu la nécessité d’associer les pays côtiers ainsi que les décideurs politiques et les partenaires techniques et financiers. A cet effet la première réunion de haut niveau a eu lieu en 2014 sous le leadership de la CEDEAO et avec le soutien des PTF. Un levier de développement économique comme le pastoralisme, on avait la certitude que la CEDEAO ne va pas nous laisser seule face aux nombreux défis.
Quels sont les défis ?
Les défis du pastoralisme sont principalement liés à la stigmatisation (très difficile de déconstruire les préjugés autour du pastoralisme). Contrairement aux préjugés, les pasteurs ne sont pas des terroristes ni des voleurs de bétails. Bien au contraire les terroristes et les voleurs de bétail portent atteinte au pastoralisme. Bien qu’il y a des mesures prises pour pouvoir détecter les animaux volé afin de mettre fin aux vols de bétail, le vol augment à cause du terrorisme. Les terroristes vivent de ce qu’ils volent chez les pasteurs. Faut-il le reconnaitre, les violences faites sur les transhumants se diminuent de plus en plus dans les pays côtiers tels que le Togo, le Bénin et la Côte d’Ivoire. Au Bénin il y avait été enregistré 33 cas de morts de transhumants en 2018 contre 0 cas en 2019. Le changement climatique est également l’un des défis, mais il y a des politiques de résiliences mise en place au RBM afin d’adapter les animaux au changement climatique.
Votre mot de fin ?
Je lance un appel à l’ensemble des acteurs étatiques et non étatiques du pastoralisme à aller vers une politique incitative des états favorisant la protection de la production locale du lait afin de mettre fin à l’importation du lait. Car c’est le manque d’infrastructure qui fait de transformation et la transportation du lait en ville qui posent problème. Sinon il y déjà des systèmes de collecte du lait mise en place fans les campagnes. Le Nigeria qui n’a pas accepté les Accords de Partenariat Économiques (APE) de l’EU est un exemple phare qui protège véritablement la production locale. En plus étant la moitié des pays de la CEDEAO, il soutient de plus en plus les la mobilité frontalière. Aussi, une forte implication des décideurs étatiques pour revoir l’incohérence entre les textes et le climat afin de résoudre les problèmes autour de la vaccination des animaux. Cela joue très souvent sur l’éleveur. En fin, j’exhorte toutes et tous a plus d’engagement pour endiguer le terrorisme.
Réalisé par Dognoume DIARRA

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