Le 25 avril 2026 ne restera pas une date ordinaire dans l’histoire récente du Mali. À l’aube, plusieurs villes dont : Kati, Sénou, Sévaré, Gao, Kidal ont été secouées par des détonations visant des positions stratégiques militaire. Le cœur du pays a été touché. Et avec lui, l’âme d’une nation. Il y a quelques mois, le capitaine Ibrahim Traoré évoquait un «hiver sanglant». Beaucoup y voyaient une formule forte, presque symbolique. Aujourd’hui, les faits semblent lui donner un écho troublant. Le Sahel est à un tournant.
L’attaque de Kati, particulièrement meurtrière, a emporté des vies précieuses, dont celle du ministre de la Défense, le Général Sadio Camara. Derrière les chiffres, il y a des familles brisées, une nation en deuil, et une question qui s’impose : jusqu’où ira cette spirale de violence ?
Mais au-delà de l’émotion, une réalité s’impose : le combat pour la souveraineté du Sahel dérange beaucoup de puissance étrangère. Il dérange ceux qui ont longtemps façonné, influencé ou contrôlé les trajectoires de nos États. Il dérange ceux qui ne veulent pas voir émerger un espace sahélien libre, uni et maître de son destin. Faut-il y voir une simple coïncidence ou l’expression de rapports de force plus profonds ? La question mérite d’être posée, sans naïveté, mais avec lucidité.
Pour autant, céder à la peur ou à la division serait une victoire offerte à ceux qui cherchent à fragiliser nos nations. Le moment est critique, mais il est aussi révélateur. Révélateur de notre capacité à tenir debout, à rester unis, à défendre ce que nous avons commencé.
Le peuple malien, comme l’ensemble des peuples de l’AES, est aujourd’hui face à un choix historique : subir ou résister. La douleur est réelle, les pertes sont lourdes, mais l’abandon n’est pas une option.
Plus que jamais, il faut renforcer la vigilance, consolider la sécurité, et surtout préserver l’unité nationale. Car dans c’est combat, aucune victoire durable n’est possible sans un peuple debout, conscient et engagé.
L’hiver annoncé par le Président Burkinabé, son Excellence Ibrahim Traoré est peut-être là. Mais c’est dans les saisons les plus rudes que se forgent les nations les plus solides.
Fousseni Koné

