NÉCESSITÉ DE RÉNOVER LES NATIONS UNIES (ONU): Et si Mouammar Kadhafi avait raison en 2009….

Sene Kunafoni

L’Assemblée générale des Nations unies (ONU), dont le débat général s’est achevé le lundi 29 septembre 2025, était à sa 80e édition. C’était sous le thème « Mieux ensemble : plus de 80 ans au service de la paix, du développement et des droits humains ».

Un thème séduisant qui, selon certains, célèbre l’héritage de l’ONU tout en soulignant la nécessité renouvelée de la coopération mondiale pour relever les défis actuels et futurs, tels que le climat et les technologies incontrôlées, afin de garantir la paix, le développement et les droits humains pour tous.
À titre de rappel, l’ONU, créée en 1945 après la Seconde Guerre mondiale, a pour mission principale de maintenir la paix et la sécurité internationales, de protéger les droits de l’homme, de fournir de l’aide humanitaire, de promouvoir le développement durable et de garantir le droit international. Ces missions sont définies dans sa Charte fondatrice et sont mises en œuvre par divers organes, dont le Conseil de sécurité, l’Assemblée générale et le Secrétaire général.
Les missions principales de l’ONU :
Maintenir la paix et la sécurité internationales : c’est l’objectif prioritaire de l’ONU depuis sa création, visant à prévenir les conflits, à rétablir la paix et à assurer la sécurité. Protéger les droits de l’homme : l’organisation œuvre pour le respect des droits fondamentaux de tous les êtres humains ; Fournir de l’aide humanitaire : l’ONU porte assistance aux populations dans le besoin, en particulier dans les situations de crise et d’urgence ; Promouvoir le développement durable : elle soutient le développement économique et social, ainsi que la protection de l’environnement ; Garantir le droit international : l’ONU assure le respect des principes de la justice et du droit international, qui régissent les relations entre les États.

Mais hélas, après toutes ces missions et objectifs que l’ONU se présente comme porteuse, 80 ans après, beaucoup d’États membres, notamment les pays africains, pensent en majorité que cette grande organisation souffre d’une incapacité implacable à protéger les peuples (Palestine, Soudan, Sahel…).
Il y a également l’injustice du Conseil de sécurité qui exclut toujours l’Afrique. À cela s’ajoute l’hypocrisie des grandes puissances face aux crises mondiales qu’ont tour à tour dénoncées Africains, Latinos, Orientaux et Asiatiques à leurs différents passages à la tribune de l’ONU. Tous appellent à une réforme urgente pour donner à l’Afrique sa place légitime.
Sans conteste, tous sont unanimes là-dessus : ces mots résonnent comme un avertissement. Comme l’a si bien dit le représentant tchadien lors du débat général, beaucoup pensent que l’Afrique ne peut plus être marginalisée et que l’ONU doit se réformer ou perdre sa crédibilité. Beaucoup se sentent frustrés et soulignent que seules la Chine, la Russie, l’Europe et l’Amérique voient leurs propos considérés.
Partant de tout ce qui précède, la question « et si Kadhafi avait raison en 2009 » mérite d’être posée.
En effet, en 2009, lors de la 64e Assemblée générale des Nations unies, Mouammar Kadhafi dénonçait les insuffisances de l’ONU vis-à-vis de ses prérogatives, évoquant que, pour la réalisation de ses objectifs, l’ONU devait être véritablement rénovée, réformée et adaptée aux exigences de notre temps.
Pour ces manquements, Kadhafi disait qu’aucune importance n’était accordée aux Nations unies comme initialement prévu.
Tout comme Kadhafi le dénonçait, l’Assemblée générale, qui est le fondement des Nations unies, n’aura aucune importance ni valeur si elle n’a pas un effet direct sur la vie des citoyens du monde. Comme en 2009, l’ONU, jusque-là, ne dispose d’aucune décision coercitive. La Cour de justice internationale voit ses décisions appliquées contre les petits États du tiers monde, tandis que les grands États récusent ses décisions.
La preuve en est dans cette partie du discours de Kadhafi en 2009, à la 64e Assemblée générale, où il a déchiré la Charte, arguant qu’elle était caduque et surtout non respectée par les nations puissantes.
Kadhafi disait : « J’ai devant moi les arrêts promulgués par la Cour de justice internationale que d’autres États ont rejetés. L’Agence internationale de l’énergie atomique est une institution importante des Nations unies. Les États puissants ne lui sont pas soumis. Et voilà que nous avons découvert qu’elle nous accable, nous seulement. Les États doivent lui être soumis. Sinon, nous aurons à lui fermer la porte et ne la reconnaîtrons pas, à compter de maintenant… L’Afrique est un continent isolé, colonisé, persécuté, sur lequel a été porté le regard accordé aux animaux. Après quoi, il a subi le regard de l’esclavage. Ensuite, en tant que colonies, sous tutelle. Ce continent, l’Union africaine, mérite un siège permanent, par rapport au passé, à l’exemple de la Chine, exactement. Ce droit n’a aucun lien avec la réforme des Nations unies. Ceci est posé en priorité…
« Ceci est posé en urgence à l’Assemblée générale. Nul ne dira que l’Afrique, que l’Union africaine, ne mérite pas un siège permanent. Si quelqu’un a une raison, qu’il nous en fasse part. Qui a d’autre preuve faisant état du non-mérite pour l’Union africaine d’un siège permanent ? Personne ne peut répondre. L’Assemblée générale est également appelée à voter une décision concernant la compensation des pays colonisés. Pourquoi ?
C’est pour que le colonialisme, le pillage des richesses des peuples et l’immigration des citoyens de ces peuples en quête de ces richesses ne se répètent plus », réclamait Kadhafi.

À cette 64e Assemblée générale en 2009, le thème central abordé était la nécessité de prendre des décisions audacieuses pour le bien de l’avenir, plutôt que de laisser l’immobilisme politique prendre le dessus, car la France, par la voix de Nicolas Sarkozy, président de l’époque, avait souligné qu’il n’y avait plus de temps à perdre pour refonder un nouvel ordre mondial plus juste et plus efficace.
Mais hélas, Kadhafi a été tragiquement assassiné. Et malheureusement pour l’organisation, elle fait face à une crise de manque de crédibilité en 2025, soit seize ans après la déclaration de feu Kadhafi.

Dognoume Diarra

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