Au Burkina Faso, une décision récente rappelle une évidence : l’accès à l’information publique est un droit fondamental des citoyens. Le Conseil supérieur de la communication (CSC) a en effet exigé que la société Canal+ continue de diffuser les chaînes nationales de la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB) à ses clients, même après l’expiration de leur abonnement.
Cette mesure, inscrite dans la convention signée le 14 février 2025 entre Canal+ et l’organe de régulation burkinabè, impose clairement à l’opérateur de maintenir la diffusion en clair des chaînes publiques nationales, afin de garantir à tous les citoyens leur droit à l’information.
Une telle décision est à la fois juste, logique et conforme à l’intérêt général. Les chaînes nationales, financées en grande partie par les ressources publiques, remplissent une mission de service public : informer les populations, relayer les messages d’intérêt national et renforcer la cohésion sociale.
Dès lors, il apparaît difficilement compréhensible que dans certains pays, dont le Mali, les abonnés de Canal+ se retrouvent totalement privés de l’accès aux chaînes nationales, notamment celles de Office de Radiodiffusion Télévision du Mali (ORTM), dès que leur abonnement arrive à expiration.
Cette situation soulève une question simple mais fondamentale : comment peut-on empêcher un citoyen d’accéder à l’information publique de son propre pays sur un équipement qu’il possède déjà ?
L’exemple du Burkina Faso démontre qu’une solution est possible lorsque l’autorité de régulation et l’État défendent clairement l’intérêt des consommateurs et le droit à l’information.
Le Mali gagnerait donc à s’inspirer de cette démarche en exigeant, dans les conventions liant les opérateurs de télévision payante à l’État, la diffusion permanente et gratuite des chaînes nationales, indépendamment de la validité de l’abonnement.
Permettre aux abonnés maliens d’accéder aux chaînes de l’ORTM et aux autres chaînes publiques, même sans abonnement actif, serait une mesure de bon sens. Elle garantirait à chaque citoyen un accès minimal à l’information nationale, aux messages officiels et aux programmes de service public.
Dans un contexte où l’information est un enjeu stratégique, priver les populations de leurs propres chaînes nationales ne peut être ni acceptable ni justifiable.
Le Burkina Faso a montré la voie.
Il appartient désormais au Mali de défendre avec la même fermeté le droit de ses citoyens à l’information et la souveraineté de ses médias publics.
D Kantao

